Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2003
Mots-clés : hommage,
 

Hommage à l'un des grands cinéastes de notre pays : Franz Buyens

Hommage à l'un des grands cinéastes de notre pays

Franz Buyens s'est éteint discrètement le 26 mai 2004 à l'âge de 80 ans. Lydia Chagoll, sa compagne, qui fût aussi la co-réalisatrice de certains de ses films nous promet que 25 d'entre eux (documentaires et fictions) feront l'objet d'une édition en DVD que nous attendons avec impatience.
Pour rendre hommage à un cinéaste dont nous vous avons parlé à plusieurs reprises (Cf. Archives du webzine) nous publions le texte qu'il nous avait remis en exclusivité lors de la parution de A Chacun son cinéma. Il s'agissait de répondre à la question « quelle est l'origine de votre désir de réaliser des films ? »

Par un cheminement bizarre
1948. Un ami, photographe de métier, avait fait quelques courts métrages documentaires en 16 mm. Il me proposa d'écrire des scénarios et de les réaliser avec lui.
Jusqu'alors, je n'avais jamais pensé à une création cinématographique. Je voulais devenir écrivain, depuis mon adolescence je caressais cet espoir. Néanmoins la proposition me tenta, d'autant plus que le premier sujet fut un documentaire sur un sculpteur que je connaissais personnellement. J'écrivis le scénario et fis même un découpage. Le film ne se réalisa pas : manque de moyens financiers. Je repris ma créativité d'écrivain. Plusieurs livres et maints articles furent publiés. A la même époque, je fondai un théâtre satyrique, où je tenais aussi les rôles de conférencier et de chansonnier. J'aurais bien aimé continué encore de longues années cette activité, mais pour cause de maladie grave, j'ai dû arréter. C'est ainsi que je revins à l'écriture, uniquement l'écriture. C'est assez tardivement et par un cheminement bizarre que j'ai été amené à construire une oeuvre cinématographique variée. Et je suis moi-même étonné de l'obstination qui m'a possédé, une fois ma décision prise. Est-ce une vocation ? Certainement pas. Un rêve secret ? Un désir inconscient ? Une ambition hypnotisante ? Durant mon enfance, j'ai vu Chaplin, Laurel et Hardy; les cow-boys contre les Indiens et des films soviétiques. Mais cela ne m'a jamais poussé à faire du cinéma. Sauf peut-être... dans mon for intérieur, inconnu de moi-même ?
En 1958, me voilà représentant-vendeur d'un nouveau microscope électronique qui faciliterait la recherche sur le cancer. Je devins aussi secrétaire d'une association qui organisait un congrès international, rassemblant des cancérologues non-conformistes du monde entier (Europe, U.S.A., Japon, U.R.S.S., etc). Le but : confronter les théories et expliquer les méthodes et traitements. Le tout illustré par de nombreux documents, photos, diapositives et films. Je regardais, j'écoutais. Je trouvais cela si important que je voulais en faire un document filmé. Evidemment, je n'ai pas pu trouver les fonds nécessaires pour réaliser ce projet essentiel. Il faut le souligner : je pensais à un documentaire informatif et non pas à une création cinématographique. Bref, au lieu d'un film, j'écrivis une pièce de théâtre sur le thème du cancer. Alors survint un fait imprévu : l'occasion de travailler à la télévision, comme indépendant. D'abord des scénarios et des réalisations de mini-courts métrages destinés à la jeunesse - sujets documentaires sous forme de fiction, simultanément des reportages en direct, entrecoupés d'images filmées à l'avance. Quelques mois plus tard, je réalisais mes premiers documentaires créatifs et je préparais le tournage et la production de mon premier long métrage de fiction, dont le scénario, jamais tourné, subsiste toujours dans mes archives. Ce fut la grande grève de 1960-61 qui décida finalement de mon orientation définitive. Questions que je me pose : - Dans mon enfance et ma jeunesse, j'ai fréquenté plusieurs artistes peintres. Est-ce cette influence qui m'a conduit à la création filmique ? - Mais pourquoi l'envie d'écrire ne m'a-t-elle jamais quitté ?

Frans Buyens

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