Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2002
 

Hop ! de Dominique Standaert

Vous vivez une situation que vous croyez injuste et désespérée ? Allez voir Hop ! Ce film, 100% belge, vous redonne l'espoir. Vous redécouvrez la force de l'amour et de l'humour qui soulève les montagnes. Et dorénavant, chasser les éléphants, entre autres soucis, deviendra pour vous un jeu d'enfant.

Pour son premier long métrage, Dominique Standaert a choisit l'humour, teinté d'une très grande sensibilité, pour nous parler du combat permanent qui existe entre deux entités en apparence différentes. L'enfant et l'adulte, le bien et le mal, le peuple et la loi, les réflexes de haine qu'inspire le racisme et l'humanisme qui le combat, le combat, plus actuel que jamais, des sans-papiers.

hop de Dominique StandaertHop ! raconte l'histoire de Justin, un jeune adolescent qui tente l'impossible pour retrouver son père, un sans papiers, arrêté par la police. Suite à un malentendu, celui -ci va être expulsé et envoyé dans un pays qui n'est pas le sien.Justin sera aidé dans sa recherche par Frans, un ancien membre des C.C.M. (Cellules Communistes Militantes) et spécialiste de la dynamite. Et, par sa voisine, âme sensible à l'injustice (et amoureuse de Frans). Sans oublier la star nationale de football, Emile M'Penza, par qui, en fait, tout a commencé. Pour ramener son père en Belgique, Justin est prêt à tout. Il accepte donc la proposition de Frans de provoquer les autorités en commettant des attentats. L'objectif étant de cibler des oeuvres d'art nationales, point sensibles, puisqu'il s'agit de symboles et donc de la fierté d'une nation. Pour ce faire, Justin n'hésite pas à appliquer la méthode pygmée dite « Hop ».

Sans en dévoiler le secret, c'est une façon ancestrale (qui, paraît-il, servit même à l'expansion de Jules César, pour la petite histoire.) de maîtriser un éléphant permettant de combattre l'adversaire et de le déstabiliser, tout en douceur (ou presque). Car Justin a vu son père obligé de baisser la tête devant des hommes qui s'imaginent supérieurs aux autres et qui surtout ne cherchent même pas à comprendre la genèse de la situation. Heureusement certains ont encore l'humilité d'écouter et de comprendre. Pour nous parler des rapports humains Dominique Standaert prend ici comme référence Le Voleur de bicyclette de Vittorio De Sica, un film qui a beaucoup marqué la jeunesse du réalisateur belge dans lequel un chômeur est incité à voler une bicyclette pour pouvoir travailler. Et cet homme va être humilié devant son fils qui ne comprend pas l'injustice des hommes envers celui qui veille au bien être des siens. Le père, modèle de force et de protection qui ne peut plus jouer son rôle est alors protégé par l'enfant.

Pour donner plus de force au côté symbolique de son sujet, Dominique Standaert, le réalisateur a choisi d'utiliser le noir et blanc. Ce qui permet au spectateur de s'éloigner de la réalité et de rendre l'histoire universelle. C'est aussi l'occasion de faire un clin d'oeil à ce néo-réalisme qui, Scorsese le soulignait encore récemment, dans Mon Voyage à travers le cinéma italien, a révolutionné le cinéma.

Dans Hop !, nous avons affaire à un récit filmé par un belge et à la belge. Un vrai miroir de notre société notamment dans le choix des interprètes. On y retrouve, entre autres, Antje De Boek et Jan Decleir pour les flamands, Alexandra Vandernoot et pour les francophones, avec Kalomba Mbuyi que l'on découvre dans le rôle de Justin, chacun parlant tout à la fois français et flamand sans oublier bien sûr le bruxellois. Quant à l'action, elle se situe au nord et au sud en passant par Bruxelles. Parmi les soutiens classiques, ce fut entre autres la première collaboration de Wallimage avec une nouvelle technologie. En effet, Hop ! restera aussi dans nos mémoires comme le premier film belge tourné en numérique à haute définition.

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