Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2005
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Hop ! de Dominique Standaert

Nous avons posé quelques questions à Dominique Standaert lors de la sortie de son DVD qui ne nous est jamais parvenu. Celui-ci s’étant perdu chez on ne sait qui, on ne sait où ? Dominique Standaert, lors d’un récent interview, que vous pourrez découvrir dans notre prochain numéro, nous a donné un exemplaire en mains propres. Nous avons donc eu l’occasion de revoir Hop ! et nous n’avons pas changé d’avis (voir cinergie n°66), c’est un film que nous vous recommandons.

C. : Pensez-vous que l’édition en DVD de votre film lui offre une seconde vie après sa sortie en salles ?
D. S. : Je ne parlerais pas de seconde vie car je n’ai pas du tout l’impression que Hop ! est mort et enterré. On n’imagine pas le nombre de sollicitations que ce film a entraîné et entraîne encore. Le DVD est la continuité directe de la sortie salle. Il s’agit donc non d’une seconde vie du film mais d’une seconde opportunité pour le public de le voir !

C. : Pensez-vous atteindre, grâce à ce support, un public différent de celui qui fréquente les salles ?
D. S: Je l’espère car sinon pourquoi le sortir en DVD  ? Cependant à mon sens le DVD touche d’abord le public qui va en salle mais qui n’a pas eu l’opportunité de voir le film ou qui l’a vu et qui voudrait le montrer à d’autres. Puis il y a un public différent, les fans du support qui doivent posséder l’objet ou qui possède à la maison leur propre salle.

C. : Que pensez-vous du découpage en chapitres ?  Y avez-vous participé ?
D.S. : Le découpage en chapitres est une opportunité qu’offre la technologie pour retrouver une scène. Je n’y ai pas participé car forcément ce découpage ne correspond pas à un chapitrage qui reflèterait une logique mais relève du simple saucissonnage permettant de tronçonner le film en morceau.

C : Le bonus permet d’offrir au spectateur le contexte dans lequel le film s’est fait. Etes-vous pour la diffusion d’un making off, d’entretiens avec les réalisateurs ou les acteurs, ce qui permet de revenir au film après-coup ?
D. S. : J’ai refusé de participer à un bonus de type commentaires après avoir écouté des efforts du même type qui me semblaient tellement idiots qu’ils relevaient plus de l’injure au public que de l’humour. Beaucoup de ces bonus ne sont en effet que du vent  et faire un bonus intéressant coûte de l’argent que l’audience supposée ne pourrait, dans mon cas, garantir. J’aurais par contre souhaité pouvoir associer un court-métrage au film. C’est une excellente façon de promouvoir ce format qui n’a pas d’autre diffusion. Cela n’a malheureusement pas été fait en Belgique. Avis aux accros : le DVD américain de HOP, par contre, propose en bonus « Lick the Star », un court-métrage de Sophie Coppola !

C : Le bonus permet d’insérer des scènes inédites, coupées au montage. Cela vous paraît-il intéressant ?
D. S. : Je ne suis pas nombriliste… lorsque je montais mon film de fin d’études, Albert Jurgensson, le monteur de Delvaux, passait dans le couloir. Je me suis risqué à lui montrer mon montage en cours et son commentaire a été aussi bref qu’instructif : « Tout ce qui est coupé n’est pas hué ! » 
J’ai retenu la leçon ! Nous avons la chance en Belgique d’avoir le final cut, pourquoi donc vouloir ouvrir les poubelles ? Avez-vous vu la version longue du (déjà très long)  Grand Bleu ?

C. : Avez-vous joué sur l’interactivité que permet le support (façon Agnès Varda dans Les Glaneurs) qui renvoie du premier film au second ?

D. S. : Non. Dans le cas Des Glaneurs dont je n’ai pas vu le DVD, je peux imaginer l’intérêt de passer d’un film à un autre car ils traitent de l’évolution de personnages dans le temps. Hop ! n’offre pas ce type d’exploitation.
Le DVD n’est pas seulement un deuxième mode de diffusion d’un film. Il importe d’examiner l’intérêt (et/ou la nécessité) d’un support à la lueur de l’évolution des mœurs et de la technologie. Pourquoi dépenser en post-production 35mm un argent fou pour montrer un film à 3 000 spectateurs ?
Hop ! ainsi est distribué aux Etats-Unis en DVD uniquement. Loin d’être un handicap le choix de ce format unique a, au contraire, permis de trouver un distributeur et surtout d’atteindre ensuite un public non pas seulement dans quelques villes branchées mais sur tout le territoire… À un autre extrême le DVD est en Afrique quasi le seul moyen de diffusion, le parc des salles ayant disparu ou jamais existé. Simenon aura été plus lu en Poche qu’en Pléiade, ceci pour dire que le support m’importe peu pourvu que le film circule!

 

 

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