Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Juillet 2016
Mots-clés : documentaire
 

I Don’t belong anywhere : le cinéma de Chantal Akerman

Cinquième film de la collection «  Cinéaste d’aujourd’hui », la Cinémathèque de la Fédération Wallonie-Bruxelles édite le DVD du film de Marianne Lambert, I Don't belong anywhere. Nous nous sommes attardés sur les bonus du DVD.

 

DVD I Don't belong anywhereBONUS du DVD

Entretien avec Lynne Cooke ( 7 ‘)
Lynne Cooke est la conservatrice principale pour l’Art moderne de la National Gallery of Art, Washington DC. Sa rencontre avec Chantal Akerman date de 1993. Intéressée à collaborer avec la cinéaste sur le projet D’Est, elle propose à celle-ci de réaliser parallèlement au film une installation pour son musée. Elle incorporera des séquences de celui-ci qui seront projetés sur des moniteurs. Leur collaboration suscite chez Chantal Akerman un certain nombre de réflexions sur les possibilités qu’offre la création d’installations par rapport au cinéma commercial. Une installation est quelque chose de plus libre, de moins contraignant que la production habituelle d’un film, la recherche d’argent, le passage par les commissions, leurs exigences. Elle constate le fossé sans cesse grandissant entre un cinéma richement doté et un cinéma réalisé avec de pauvres moyens. Ici, elle filme elle-même, selon son inspiration. Ce qu’elle trouve terrible dans le cinéma, dit-elle, c’est que tout est toujours pour après. Finalement, du scénario au montage, rien ne se passe au moment même. Et cela sans aucun doute tue le désir de cinéma.
My name is Chantal Akerman ( 12’)
Le second bonus My name is Chantal Akerman raconte l’histoire d’un film dont le projet fut abandonné dès les repérages. En août 2012, Chantal Akerman part en repérages dans le Sud des Etats – Unis avec l’idée de tourner un documentaire à propos d’une tuerie perpétrée par deux blancs qui tirèrent au hasard sur une foule de Noirs. Ce qui l’intéressait c’était de savoir si ces meurtres pouvaient être liés au pogrom qui eut lieu en 1921 contre la communauté noire. Les renseignements recueillis notamment auprès du pasteur de Tulsa lui révèlent certes l’origine du massacre (le fait que le père de l’un des assassins ait été tué par un Noir) mais met un terme au projet. Les médias ont rendu l’affaire sensationnelle, ils ont fait de l’un des meurtriers une victime poussée par le désespoir. «Ces deux tueurs m’ont paru être, dit Akerman, des gens dont il ne valait pas la peine de parler. Et c’est à partir de ce moment que je me suis dit que le film n’était pas intéressant. Je ne suis pas intéressée à faire de ce tueur une sorte de héros du malheur».
Marianne Lambert filme la cinéaste en toute intimité, discute de ses choix et nous montre avec quelle liberté Chantal Akerman décide de mettre fin au film. C’est une démonstration saisie sur le vif, une leçon de légèreté !

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