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Marc-Henri Wajnberg à propos de Kinshasa Kids

Tout un bric-à-brac s’accumule dans son bureau de baroudeur. Les dossiers de films terminés ou en cours s’entassent ou s’alignent… Dans la bibliothèque, des rangées de livres parcourent les grandes villes du monde et des souvenirs de toutes formes tapissent les murs… Producteur et réalisateur, Marc-Henri Wajnberg s’apprête à distribuer lui-même son nouveau long métrage Kinshasa Kids. Après le 6 février sur les écrans du Vendôme à Bruxelles, à Liège, à Namur et à Mons, une sortie flamande est prévue au printemps. Côté français, ce sera le 3 avril. Chaleureuse, vivante, pleines d’anecdotes et de digressions, la conversation démarre sur les chapeaux de roues autour de quelques cafés pour aller et venir entre Kinshasa et Bruxelles, documentaire et fiction, ici et là-bas…

Cinergie : Vous avez fait un documentaire à Kinshasa pour Arte. Est-ce à ce moment-là que vous avez eu envie de réaliser Kinshasa Kids ?
Marc-Henri Wajnberg
 : Non, j'étais parti dans l'idée de faire un documentaire sur Kinshasa, mais sur place, Arte m'a proposé de faire un web-documentaire dans le cadre d'une série sur les indépendances africaines... Cette expérience d’un film qui devait se faire très vite avec très peu de moyens m'a donné une idée de la manière dont je devais aborder un tournage là-bas. À la base, j’avais un projet de long métrage en Chine qui ne se faisait pas. Un de mes amis s’occupait alors d’un groupe congolais. Toute la tournée en Europe et aux Etats-Unis était planifiée, mais il n'arrivait pas à obtenir de visas. Nous étions tous les deux désappointés par rapport à nos travaux respectifs. Alors, je lui ai dit : « Puisque ton groupe ne peut pas venir en Europe, je vais aller le rencontrer et les filmer à Kinshasa ». Ça, c'est le démarrage. Je voulais faire un film sur la musique. Je suis parti en repérage, et j'ai été vraiment sidéré par cette ville, la force qui s'en dégage. Je crois que c'est une ville qu'on aime ou qu'on déteste. C'est extrêmement violent, très pollué, rien ne fonctionne, les routes sont délabrées, il y a des milliers d'enfants dans les rues... Mais il y a énormément d'énergie, de couleurs, de musiques, les gens sont très ouverts, plein d'humour. J'ai été fasciné par cette ville. J'ai beaucoup voyagé en Afrique, et Kinshasa ne ressemblait à rien des villes que j'avais vues au Niger, au Burkina Faso, au Rwanda ou en Namibie... En Namibie, il n’y a pas un bout de papier sur les routes. Kinshasa, c’est un bordel très vivant. Et j’aime ça. J'y suis retourné beaucoup, cinq ou six fois avant de faire mon film, et le projet de documentaire sur la musique a évolué.

C. : Kinshasa Kids a donc été une longue aventure ?
scène du filmM-H.W. : J'ai fait deux ans de repérages. J'ai d'ailleurs trouvé des lieux que même des Congolais ne connaissaient pas (rires) ! Et puis le tournage proprement dit a d’abord duré 6 semaines. Je l'ai interrompu… Etant mon propre producteur, j'avais ce luxe de pouvoir tourner le film tel que je le sentais. Or, avec une équipe plutôt réduite pour une fiction, dans des conditions plutôt difficiles, dans un milieu pas des plus favorables, je n’étais pas du tout sûr d'avoir tout ce que je voulais en 6 semaines. En rentrant, j'ai vu les rushs, le film s'est un peu réécrit et la fin, du même coup, a changé. Tout n'était pas écrit de façon bétonné... Je voulais me laisser cette latitude... Des séquences pouvaient fonctionner, d'autres pas... J'avais des points de repères, je savais d'où je voulais arriver et où je voulais aller dans le montage, mais parfois, je n'en savais pas plus que ça. J'essayais de n'être pas trop carré pour que les choses se passent. On a donc repris le tournage 3 semaines, et puis je suis revenu seul tourner encore quelques trucs.

C. : Comment êtes-vous passé d’un documentaire sur la musique à Kinshasa Kids ?
M-H. W. 
: J'ai rencontré des gens qui se battent pour s'en sortir et qui m'ont touché. Le film ne pouvait plus se limiter à la musique avec tous ces enfants qui me racontaient leur histoire. Les papas, les vieux, les mendiants, les cuisinières..., tout le monde m'a raconté des tas d'histoires, et je me suis mis à en imaginer une qui les recouperait toutes… Avec des personnages qui ne se connaissent pas, mais se rencontrent et, petit à petit, forment un projet commun, un peu à la façon dont Altman construit Short Cut. Évidemment, Short Cut est écrit. Faire ça avec un documentaire, c'est impossible. Le documentaire a donc évolué vers la fiction et finalement, j'ai réalisé une fiction avec tous les codes, les goûts, la saveur du documentaire, et même quelques séquences tout à fait documentaires. La plupart des séquences sont écrites. J'avais une trame narrative, j'avais des personnages qui devaient se rencontrer et construire un projet commun, mais j'avais envie de garder la souplesse du documentaire, me laisser la liberté, l'ouverture, l'espoir que soudain quelque chose arrive, me surprenne, m'entraîne dans une autre direction et vienne changer mon projet. C'est ce qui est arrivé. La rencontre, par exemple, autour de Django est totalement mise en scène. Sauf que lorsqu’on a fait cette scène, il y a eu un accident. Alors, on a retourné la caméra, et filmé à la volée. Cet accident a d'ailleurs eu lieu parce qu'on avait barré la route pour le tournage, que la voiture n'a pas voulu s'arrêter et qu'elle a renversé un de nos gardes ! Et nos gardes étaient balèzes ! J'ai eu peur pour les types dans la voiture ! Le film a aussi ce parfum documentaire parce qu'on est dans un milieu très fort, théâtral, bruyant, très présent humainement.

C. : La première séquence est-elle documentaire ?
M-H.W. 
: Oui, l'exorcisme est un véritable exorcisme. C'est très violent, psychologiquement. C’est un coup de poing dans le ventre. J'avais envie de commencer le film comme ça, par un coup de poing, parce que c'est ce que j'ai vécu à Kinshasa. C'est dur de voir des milliers d'enfants dans les rues, de les voir mendier ou travailler très tôt le matin, de les voir dormir en tas pour se protéger la nuit. J'ai essayé d'en savoir plus, et j'ai découvert ce phénomène que je ne connaissais pas. Il y a des milliers d'églises pentecôtistes qui perpétuent ce système de sorcellerie. À Kinshasa, quand les couples se séparent, les enfants vont avec leur père en général, parce que les femmes retournent dans leur famille où il n'y a pas d'argent pour nourrir tout le monde. Alors ils se retrouvent souvent avec leur belle-mère où, là aussi, ils sont une bouche en plus à nourrir. Le moindre problème, une inondation, une maladie, sert de prétexte pour les accuser de sorcellerie. Les églises les accueillent volontiers, car elles sont payées par la famille pour désenvoûter l'enfant. Mais le problème, c'est que les belles-mères n'en veulent pas plus après qu'avant ! Au premier prétexte, il est de nouveau battu, accusé de sorcellerie et à la fin, il se casse et va rejoindre les milliers d'enfants qui sont dans les rues.

C. : Cette scène est déjà en elle-même une mise en scène, un spectacle...scène du film
M-H. W.
 : C'est ça qui est incroyable, cette ville est un théâtre ! Et cet exorcisme aussi, oui, avec tous ses codes et ses mises en scène.... C'est un théâtre permanent ! Mais si les choses sont dures, il y a énormément de générosité et de volonté. C'est très stimulant. Et puis j'ai choisi de travailler avec des gens qui ont des projets. Ce musicien veut faire un disque, ces enfants veulent sortir de la rue, être considérés comme des gens normaux et aller à l'école. J'ai choisi Joséphine qui a un restaurant et veut le garder alors qu'on veut l'exproprier. Finalement, tout ça a donné une belle énergie très communicative. Et les Congolais sont de vrais comédiens, je n'ai jamais rencontré des gens qui sont aussi bons spontanément ! Parmi tous les acteurs, il n'y en a que deux qui sont des comédiens professionnels, tous les autres sont des gens de la rue, qui jouent leur personnage ou un rôle. Les enfants que j'ai choisis viennent de la rue, mais ne se connaissaient pas. Ils ont formé un groupe, ont habité ensemble, appris le français, la musique, et ils sont ensuite devenus, pour le film, de vrais comédiens. Quant aux policiers (et je me faisais arrêter tous les jours), ce sont tous des comédiens, la façon dont ils vont vous arrêter, dont ils prennent un air très cérémonieux, dont ils jouent un jeu... On sait qu'on va devoir les suivre, et qu'un bakchich se profile...

C. : C’est une scène que vous avez prise sur le vif ?
M-H. W. : Non ! Ça, je n’aurais pas pu! Mais par contre, nous l’avons tournée dans un vrai commissariat (rires) !

C. : Cette scène de bakchich est très importante parce que vous y désignez ouvertement votre présence comme le regard qui construit le film.
M-H. W. : Je voulais montrer que je me faisais arrêter et rançonner par des policiers d'abord parce que c'est vrai, ça se passe comme ça. C'est moi qui fais un film sur Kinshasa, et c'est ma vision de Kinshasa. On demanderait à un Congolais de faire un film sur sa ville, il ferait un film totalement différent. Quelqu'un qui aime moins que moi se plonger dans la cité aura encore une autre vision. Je m'y suis plongé, j'ai passé des journées sans voir un blanc, il m'est arrivé toutes sortes d'aventures. C'était important pour moi de montrer ce regard. En même temps, un blanc pauvre sera toujours plus riche qu'un pauvre là-bas. C'est une situation. Il faut accepter que les gens soient tout le temps en demande. Il y a des pays où ça m'insupporte. À Kinshasa, la situation est vraiment terrible, et je comprends que les gens se démerdent d'une façon ou d'une autre. Cette arrestation, c'est l'une des multiples possibilités qu'ont ces hommes pour gagner leur vie. Ils m'arrêtent moi, mais ils arrêtent aussi des Congolais qui roulent en 4x4, ils font travailler des enfants... Les policiers rançonnent, les agents volent, les types trafiquent... Chacun fait avec les moyens qu'il a... De toute façon, c'est de la survie… Mais ce rapport, ce n’est pas moi qui l’ai avec les gens, c'est le rapport que les gens ont entre eux... C'est d'ailleurs le projet des enfants, ils le disent dès le début du concert, « Mettez la main à la poche, on a besoin d'argent pour vivre ». Quand Ema garde le tricycle, il s'engueule avec Django parce que ce n'est pas assez d'argent, Django quand il vend, il pinaille et discute ses prix... Dans tout le film, il est question d'argent...

C. : Cette scène en rajoute aussi dans la confusion des genres autour de la ligne documentaire/fiction ? C'est ce que vous vouliez ?
M-H W. : C'était volontaire, oui. On a fait des fictions façon docus, on a tourné des documentaires « fictionnels ». Ici, les gens s'interrogent tout le temps. J'avais envie de trouver la limite extrême entre les deux. Au final, c'est un film un peu transgenre, mais on s'en fout, c'est un film, point. Il y a trois scènes documentaires dans ce film, et tout le reste est mis en place. J'ai voulu exprès avoir une écriture documentaire pour une fiction, ce qui est plutôt rare. Le film est joué, mais la structure est documentaire, c'est ce qui est un peu perturbant. Soudain, alors qu'on est dans une fiction, il y a un gars qui parle à la caméra, Django. Sauf que j'ai refait cette prise à trois mois d'intervalle, qu'il y a des plans des deux prises, et que je lui ai demandé de changer de costume… Il y a ces éléments qui sont un peu déroutants parce que les séquences ne s’enchaînent pas comme dans une fiction normale.

C. : Mais à partir du concert raté de Bebson, le film bascule plus ouvertement dans la fiction. En entrant un peu dans l'univers des enfants et en allant jusqu'au happy end autour du concert, le film semble décoller vers une sorte de conte ?
M-H. W. : Oui, c'est vrai qu’à partir du moment où tous les personnages se sont rencontrés, le film bascule vers une fiction plus assumée. On entre plus, en effet, dans l'univers des enfants et de Bebson... S'il y a cette séquence d'animation avec lui, c'est parce qu'il me semblait que ça lui correspondait bien de partir dans une sorte de rêve animé... Lorsque je lui ai raconté l'idée, ses yeux pétillaient... C'est un grand enfant aussi. C'est pour ça qu'il y a cette scène qui casse un peu le côté documentaire évidemment. Mais il y en a d'autres, comme le policier qui danse dans les embouteillages. Au début, les moments un peu trop fictionnels, je les cassais exprès dans le montage. J'ai monté le film avec Marie-Hélène Dozzo, qui est une excellente monteuse, qui compte beaucoup de bons films à son actif

C. : Si la narration du film est écrite, vos personnages, eux, le sont-ils ? Bebson et Joséphine jouent leurs propres rôles ? Bebson est en lui-même un personnage...
M-H. W. : Le gars est comme ça, oui. C'est Bebson au meilleur de sa forme, quand il se sent en confiance et qu'il a envie de tout donner. On m'avait parlé de lui, et je suis allé le rencontrer. Je suis tombé sur cette espèce d'énergumène magnifique et nous avons tout de suite sympathisé. Il ne ressemble à aucun des musiciens que j'ai rencontrés ! Il vit pour la musique. On ne le payait qu’à la fin des journées, ça lui allait très bien, il s’en fichait. J'allais parfois le voir, il était avec quelqu'un à travailler sur une mise en scène, dans le sable, il faisait des dessins... Il est bourré de talents. Bon, il est un peu déstructuré, il faut le gérer. C'est un artiste (rires) ! Il faut aussi être attentif, il n'a pas qu'une paire de lunettes, il en a 30. Il faut en choisir une et s’y tenir…
Quant à Joséphine, j'ai assisté aux répétitions de l'orchestre kimbanguiste, j'ai rencontré plein de gens, j'ai pris des notes. J'hésitais entre deux personnes et j'ai choisi Joséphine, qui est cuisinière dans la vie, qui avait son restaurant et qui vendait aussi des vêtements au marché. Elle a énormément d'intelligence, elle comprend ce dont la caméra a besoin, ce qu'il faut pour qu'il n'y ait pas un malaise ou un vide, alors elle meuble... Ça, on l’a ou on ne l’a pas. Je suis content de mon choix (rires).scène du film

C. : Comment s'est passé le tournage en plein ville de Kinshasa ?
M-H W. : Et bien, il faut faire gaffe, parce que ça peut vite dégénérer. Un film comme ça dans la rue, ça crée une vraie effervescence. Tout le monde y va de son commentaire, certains ne veulent pas être filmés, d'autres vous appellent pour vous montrer telle ou telle chose ou pour vous raconter leur histoire. Ce n'est pas très rassurant de filmer parce que ça a été interdit pendant des années sous Mobutu et sous Kabila père. Ceux qui filmaient étaient des espions. Aujourd’hui, c’est possible avec une autorisation, mais tout le monde ne le sait pas. Alors, même avec une autorisation, il faut faire attention... Quand j'ai fait les repérages seul, je me suis fait agresser. Pendant le tournage, non. On était une équipe d'une vingtaine de personnes, ce qui est plutôt important pour un docu, mais plutôt peu pour une équipe de fiction. Finalement, c'était bien, parce que tout ce monde permet une certaine protection. C'est quand on est seul que c'est dangereux… Et puis, il faut être très organisé, on perd beaucoup de temps. On a eu toutes les difficultés imaginables... (sourires).

C. : Donc les enfants s'en sortent grâce à la musique ?
M-H. W. : Dans mon histoire en tous cas oui. Quand on n'a rien, il reste encore ça. J'avais envie de montrer que des gens, même pauvres ont de l'énergie. Les gars font de la batterie sur une caisse, ils fabriquent leur guitare... Ça semblait le meilleur des projets... Et la musique est fondamentale à Kinshasa. À tous les moments de la journée, dans toutes les circonstances de la vie, de la naissance à la mort, dans toutes les cérémonies... Vous vous promenez dans Kinshasa, les gens font de la musique. C'était presque difficile à la fin de choisir, parce que tout le monde vous propose une chanson, un groupe. Par contre, je n'avais pas envie de tomber dans le cliché de la rumba congolaise. C'est une réalité, mais la musique à Kinshasa, c'est bien plus que ça. Joséphine est violoncelliste dans le grand orchestre kimbanguiste, Bebson fait du raggamuffin, les gosses du rap …

C. : Sans tomber dans le cliché des Africains pauvres mais tout de même joyeux ?
M-H. W. : Mais la musique, ce n'est pas forcément de la joie, c'est des émotions ! Mon film n’est pas non plus pas un manifeste. Je n’ai pas envie de donner une leçon de morale. J'ai fait un film comme un artiste peut faire une peinture.

C. : C'est Bebson qui a composé la musique du film ?
M-H. W. : Presque tout, oui, sauf ce que jouent les enfants.

C. : Qu'est-il advenu des enfants aujourd'hui ?
M-H W. : Mon projet était que ces enfants soient réinsérés. J'avais passé des deals avec les parents qui avaient été repérés. Nous avions donné de l'argent pour payer l'école, des fournitures, des vêtements... L'argent n'a pas été utilisé pour ça. Pour ceux qui n’avaient pas de parents, nous avions confié de l'argent à une association. L'argent n'a pas été utilisé pour ça. J'y suis retourné, et j'ai payé à nouveau. Nous avions trouvé un accord pour qu'ils soient accueillis dans un internat. Avec des amis, nous voulions payer leurs études jusqu'à leur majorité. Mais l'éducateur qui s'occupe d'eux ne veut pas les lâcher. La situation lui convient bien comme ça. Cela devrait se régler vite, je l'ai eu souvent au téléphone, on devrait pouvoir trouver une solution, mais c'est difficile, ça prend du temps, on est loin...Vis-à-vis de moi-même, c'était super important de faire ça. Il est dommage que l'argent ait été détourné, mais je suis loin.. Ça fait un an et demi que le film est terminé, mais je n'abandonne pas.

C. : D’où vous vient ce goût du voyage ?
M-H.W. : Quand j'étais petit, je voulais être explorateur (sourires). J'ai même commencé la biologie pour découvrir d'autres mondes ! Le cinéma cumule tout ça, on découvre d'autres mondes ou on les fabrique... Je voyage depuis longtemps, et sur de longues périodes. J'ai aussi été comédien, je le suis encore de temps en temps. Cela permet des aventures que les gens n'ont pas l'occasion de vivre, de sortir d'une routine, de découvrir d'autres bruits, d'autres odeurs, d'autres gens. Je voyage avec mes films. Le cinéma est parfait pour découvrir d'autres vies ou les faire.

Dimitra Bouras et Anne Feuillère
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