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11/12/2007
 

Janos Xantus à propos de Média 10-10 - 2007

Janos Xantus. Metteur en scène, réalisateur, comédien, professeur à l’université de Théâtre, Film et Télévision de Budapest. Membre du jury officiel de la dernière édition Média 10-10, il a été invité à découvrir les courts métrages belges sélectionnés cette année à Namur. Impressions.

Janos Xantus« En voyant les 44 courts métrages, j’ai été étonné par la qualité générale de la création. J’avais sélectionné 8 ou 9 films ; j’imaginais chacun primé. J’ai l’impression qu’en Belgique, il y a beaucoup de talents, de financements et de sources de création pour un petit orphelin comme le court métrage.

Ce qui est le plus excitant pour moi, c’est l’apparition du génie. Tout d’un coup, paf, il est là ! Comme quand la déesse Athéna sort de la tête de Zeus avec son armée, le réalisateur a tout ce qu’il lui faut pour lutter. Je vois ça chez Delphine Noels (Ni oui ni nom, Prix de la meilleure fiction) : cette réalisatrice a déjà trouvé son chemin, elle va continuer, elle va faire de bonnes choses. Je sais qu’elle va se débrouiller… Je trouve son film professionnel, amusant, rigolo, juste, positif. En même temps, je me faisais cette réflexion après la projection :  il y a bien peu de films qui parlent de notre vie.

Et puis, il y a des films qui sont des perles comme Sarah (Kadija Leclere, Prix de la Meilleure Bande Sonore) et le documentaire Papa... (Aïcha Thiam, Prix du Meilleur Court Métrage Documentaire). Je peux te citer tous les dialogues de Sarah par cœur parce qu’ils étaient justes et vrais. J’ai compris quelque chose de la vie que j’ignorais avant en découvrant la relation, ou plutôt ce manque de relation, entre une mère et sa fille. Il y a là quelque chose d’intime, de personnel et, à la fois, d’universel. Tout d’un coup, en quelques minutes de dialogue, j’ai rencontré ces trois dimensions : historique, politique et personnelle. J’ai aussi été très touché par la démarche de Aïcha Thiam, la réalisatrice de Papa..., une jeune femme qui prend probablement pour la première fois une caméra pour parler de son père absent. On comprend pas à pas que celui-ci est mort. Elle s’adresse à son père sous la forme d’une lettre. L’approche du sujet est sincère, la dramaturgie est parfaite, le film est puissant, spirituel et esthétique. Dans le deuil, il y a une phase. Quand on veut en sortir, on peut dire : "j’ai vécu une période difficile, mais maintenant, je déclare que cette tragédie fait partie de ma vie et que je peux la partager avec les autres." Aïcha le fait à travers ce moyen qui s’appelle le cinéma, grâce à une caméra. Elle témoigne qu’elle a fait un pas en avant dans son deuil. Son film est un geste artistique qui lui a permis de devenir quelqu’un d’autre. Ça me touche beaucoup cette histoire individuelle qui devient planétaire. »

Katia Bayer
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