Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2004
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Je ne peux pas t'aider de Rachel Lecomte

Je ne peux pas t'aider

Chaque année, le Festival du Court-métrage de Bruxelles organise un concours de scénario dont l'enjeu consiste à permettre au lauréat de tourner, en pellicule et avec des professionnels, l'histoire primée. L'idée est d'autant plus sympathique que le concours est réservé aux personnes n'ayant pas encore réalisé de films et permet de mettre le pied à l'étrier à un jeune talent. Je ne peux pas t'aider, est le film primé cette année et, comme de juste, séduit d'abord par les qualités de son scénario. C'est une histoire délicieuse, finement observée, pleine d'humour, jouant à merveille sur l'effet de surprise et parfaitement circonscrite dans ses huit minutes. On ne peut pas trop vous en raconter, sinon qu'il s'agit d'un moment délicat dans la vie d'une jeune femme. Celle-ci est sur le point de mettre au monde son quatrième enfant. Son mari revient à la maison tandis qu'elle s'apprête à partir pour la clinique. Les enfants sont calmes, tout le monde est compréhensif, tout se passe à merveille... trop idéalement. Un grain de sable dans la machine va tout dérégler.
Bien écrite, l'histoire est également très bien tournée, tirant parti de conditions difficiles. Pas évident, en effet de filmer caméra à l'épaule cinq personnages s'agitant en tous sens dans l'espace confiné d'un appartement sans que cela tourne à la confusion. En plus, il faut respecter le point de vue du personnage principal, tenir le rythme (élément primordial de cette comédie de situation), et ne pas oublier de soigner les personnages secondaires (Jean-Louis Sbille est à se tordre en pépé baba cool, mais il y a aussi la mère, la concierge, les mômes...). Dire que tout est parfait serait sans doute exagéré. Parfois l'ambiance hystérique tend les nerfs et le trait un peu outré manque de faire basculer la comédie dans la caricature mais, dans l'ensemble, la réussite est au rendez-vous. Les défauts sont largement rattrapés par l'humour, la fraîcheur du regard et la manière dont la scénariste tire brillamment parti du jeu qu'elle joue avec la réalité, et l'essai est plus qu'encourageant.

 

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