Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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janvier 2016
 

Je veux être actrice de Frédéric Sojcher

Il faut oser, il faut se dépasser
Frédéric Sojcher aime taquiner son spectateur. Ce réalisateur, écrivain et professeur de cinéma à la Sorbonne n'hésite pas à osciller entre fiction et réalité. Déjà, dans Hitler à Hollywood, il brouillait les pistes et il réitère l'expérience avec Je veux être actrice. Dans ce film, Frédéric Sojcher suit de près sa fille, Nastasjia, jeune apprentie comédienne, qui récolte, ça et là, auprès d'une kyrielle d'acteurs avec qui son père a tourné, des conseils pour devenir actrice. Parmi ces figures du 7e art, on retrouve Patrick Chesnais, Michael Lonsdale, Philippe Torreton, Jacques Weber et bien d'autres...

je veux être actrice de Frédéric SojcherOn ne peut s'empêcher de comparer Hitler à Hollywood et Je veux être actrice. Alors que le premier était consacré à l'actrice à la filmographie interminable, Micheline Presle, le second est un film autour d'une fillette de dix ans en quête de conseils avisés. Pas étonnant que lors de ses pérégrinations, la gamine tombe nez à nez avec la grande dame du cinéma français qui lui révèle quelques-uns de ses secrets... Marraine de cinéma charismatique digne de ce nom qui prône la curiosité au-delà de tout.

Deux sujets distincts, mais un modus operandi plus ou moins similaire. Le film s'apparente de prime abord à un documentaire, un documentaire sur une famille, celle des Sojcher, qui évolue dans le cinéma. Alors que le grand-père voulait être acteur, le fils deviendra réalisateur et la petite-fille, une future actrice ? Une transmission qui s'opère au fil des discussions agitées par certaines réticences familiales... Mais est-ce que Nastasjia est vraiment Nastasjia ou joue-t-elle un rôle ? Quoiqu'il en soit, peu importe la voie que Nastasjia choisira, elle aura joué dans son premier film (et aura permis à son père de passer de l'autre côté de la caméra par la même occasion).
je veux être actrice de Frédéric Sojcher
Même si, parfois, les dialogues bienveillants, voire moralisateurs, d'un père à sa fille sont un peu répétitifs, le film intrigue. Est-ce que, finalement, tout le monde joue un rôle au quotidien ? Même sans être acteur ? Où se situe la limite entre le faux et le vrai ? Et lorsqu'on est acteur pour de vrai, comment fait-on ? Qu'est-ce qu'un bon et un mauvais acteur ? Autant de questions auxquelles tentent de répondre des acteurs adultes. Il s'agit de vulgariser, d'exemplifier, d'expliquer autrement quand on s'adresse à une petite fille.

Et puis ce prénom... Nastasjia. Quel prénom ! Ce prénom que personne ne sait prononcer ni écrire correctement. Non, ce n'est pas Natacha, ni Anastasia. Non, je n'ai pas d'origine russe. C'est juste que mon père aimait bien une Allemande. La Kinski, la fille de l'autre cinglé. La belle Jane Henderson dans Paris, Texas de Wim Wenders, La Féline Irena Gallier de Paul Schrader. Celle dont on ne parle plus aujourd'hui mais dont la beauté en a subjugué plus d'un.

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