Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2003
Mots-clés : sortie en DVD,
 

Jeux d'enfants

 En septembre dernier, Jeux d'enfants , le premier film de Yann Samuell, sortait sur nos écrans. Servi par deux interprètes en vogue, Guillaume Canet (La Plage) et Marion Cotillard (Taxi), le film nous invite à suivre, sur une vie entière, le destin d'un couple qui, pour se dire "je t'aime", a préféré jouer aux gages sans jamais se dire la vérité. Une belle boîte décorée laissée à Julien par sa mère disparue est au centre de leur jeu. Celui qui la détient peut mettre l'autre au défi, cap ou pas cap, et les épreuves ne sont pas du goût de tous! Tourné en grande partie à Bruxelles et à Liège, cette co-production belge avait même semé la discorde au sein de notre rédaction de gentlemen.
La sortie DVD est l'occasion de revoir ce film à froid. Que reste-t-il de cette odyssée contre l'âge adulte à la fois drôle et désespérée? Précisément un film drôle et désespéré. Mais le contraste entre les deux dimensions du film reste peu exploité. Jeux d'enfants manque de nuances, c'est certain, mais il n'en reste pas moins un concentré d'émotions très efficace. Il est vrai que l'univers de l'enfance est extrêmement difficile à rendre à l'écran. Le double risque étant de rendre les enfants soit trop naïfs, soit trop adultes. A écouter Yann Samuel, on se rend compte qu'il a mis dans ses personnages des intentions qui ne se voient pas à l'écran. Du coup, la première partie du film, qui met en scène les personnages enfants (le jeune Guillaume Canet est incarné par le belge Thibault Verhaeghe) annonce mal le tour tragique que prendrons les événements.
Mais attention, le film ne manque pas de qualités, à commencer par le charisme de Cotillard (bien loin de Taxi) et Canet (plus subtil que dans Mon Idôle). L'univers, tant visuel que sonore (avec les mille et une versions de La vie en Rose) mis en place par Yann Samuel est puissant et possède une dimension fantastique qu'il est tentant de rapprocher du surréalisme "à la belge". Difficile aussi de ne pas comparer le charme du film de celui d'Amélie Poulain, la différence étant que le conte se rapproche ici de la tragédie de Shakespeare (qui ne manquait jamais d'humour), comme l'explique le réalisateur.
Dans le commentaire audio, Yann Samuell et son producteur français Christophe Rossignon (Mon idole de Guillaume Canet, Irréversible de Gaspard Noé) se lancent mutuellement des fleurs, mais parlent aussi du film. Le réalisateur évoque les nombreux symboles dont il a parsemé son film (l'élévation pour regarder le monde comme les enfants regardent les jouets, l'absence de fenêtre à l'image dans la maison des parents, etc...) tandis que le producteur le pousse à relater des anecdotes de tournage. Concernant le tournage justement, qui s'est déroulé principalement en Belgique, Samuell vante la magie qui se dégage des décors des Marolles de Bruxelles ou des cafés liégeois, soulignant que nous avons bien de la chance d'apercevoir régulièrement ces paysages dans nos fictions. Et c'est vrai que la Belgique est belle dans Jeux d'enfants, par contre on ne la voit pas assez souvent comme ça par les yeux de nos propres réalisateurs!
Les deux hommes, très complices à l'évidence, évoquent aussi d'autres bonus... absents de la version qui nous fut envoyée! De fait, le reste des bonus est bien maigre: trois bandes-annonces!
Le DVD de Jeux d'enfants est proposé avec un beau menu animé et le film en version stéréo ou 5.1, ainsi qu'un sous-titrage néerlandais. Il est édité chez Boomerang Pictures.

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