Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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novembre 2007
14/11/2007
 

Joachim Lafosse : coffret

joachim lafosse folie privéeAlors que le tournage d’Elève libre se poursuit, les trois premiers longs métrages de Joachim Lafosse (Folie PrivéeÇa rend heureux et Nue Propriété) font l’objet d’une édition DVD s’insérant dans la collection de Cinéart/Twin Pics. Lafosse ? Un cinéaste de l’urgence qui en est à son quatrième film en quatre ans et qui est toujours partagé entre plusieurs projets simultanés. Un cinéaste ayant permis aux autres jeunes réalisateurs de croire en leur talent et de faire des films avec peu de moyens et régulièrement. Un cinéaste qui est également marqué par des mots qui commencent de la même manière mais qui s’achèvent différemment : la transmission, la transgression, le lien et la limite, le fantasme et la famille, le fond et la forme. Un cinéaste qui compare son métier à celui d’un peintre, qui laisse ses empreintes dans les petites phrases d’introduction de chacun de ses films, et qui pourchasse son Graal de la justesse depuis Tribu, son court de fin d’études.
Le pinceau et la caméra ont autre chose en commun : la constitution d’une œuvre. Pour la première fois, la filmographie complète de Joachim Lafosse est rassemblée dans un coffret agrémenté de bonus. À côté des titres précédemment cités, Tribu prend place en même temps qu’une série d’entretiens menée par le maître du genre, Louis Danvers. Dans le supplément de Folie Privée, Kris Cuppens, comédien et co-scénariste du film, expose la « passion Joachim » : « Il demande beaucoup, y compris de lui-même. Il veut arriver à construire quelque chose. Il est en train de construire son propre chemin. Enfin, quelqu’un qui ose aller là où personne n’a été. Mais il ne se lance pas comme ça ; il a bien réfléchi. Je suis très curieux de l’endroit où ça va se terminer. »

nue propriétéPour prétendre à cette évolution, il faut au préalable que le réalisateur sente que des événements réels peuvent être transposés au cinéma et perçus par la collectivité (« si je sens l’émotion en partage, j’y vais. »). Si le cinéma a quelque chose d’exceptionnel, c’est parce que, pour Joaquim Lafosse, c’est probablement l’un des seuls arts collectifs. « Il est incroyable d’imaginer que le cinéma est une somme d’artistes qui se mettent ensemble. On sait que pour un artiste qui a des idées personnelles, c’est compliqué. » Avec au passage, une réflexion sur ces découvertes et sur leurs bienfaits. « Quand j’ai fait Folie Privée, j’ai été confronté à une part de ma violence. Avec Ça rend heureux, j’ai découvert que j’avais une part de ludique. Avec Nue Propriété, j’ai eu envie de jouer avec le lien amoureux et familial. (…) ». Et à l’arrivée, un constat sur le cinéma, objet de plaisir et de débat : « On ne refait pas le monde, on le fait évoluer. Le cinéma change le monde, il change celui qui le voit et celui qui le fait. C’est un puissant moyen de s’humaniser. »

 

Le mois prochain dans « Ecran Cinéma » lequel le réalisateur commentera plusieurs séquences de ce DVD qui lui est consacré.Trois films de Joachim Lafosse : Folie Privée (+ interview de Joachim Lafosse et de Kris Cuppens), Ça rend heureux, Nue Propriété (+ interview de Joachim Lafosse et de Jérémie et Yannick Renier + Tribu). Collection Cinéart. Distribution : Twin Pics.

Katia Bayer et Jean-Michel Vlaeminckx
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