Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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juin 2012
 

Karminsky-Grad de Jean-Jacques Rousseau

« Vive le cinéma désolant ! »

Réalisé en 2009, le troisième volet des forfaits de l'ignoble docteur Yaboutich, bête noire du cinéaste de l'absurde Jean-Jacques Rousseau, hantant son œuvre depuis 1964, est aujourd'hui disponible en DVD. Heureuse occasion de chanter et danser.

jaquette dvd  deKarminsky grad de JJ Rousseau

 

Charleroi est aux mains des bolcheviques ! Le sanguinaire Noël Godin n'a pas ménagé ses peines et s'accoquine, cette fois, à de terribles loufiats tels que les Nazis, un obscur Chinois rigolard, un Islamiste en mini djellaba mauve ou encore un Indien dont on ne sait pas trop ce qu'il fait là. Étrange conglomérat de régimes totalitaires dont on ne nous dévoilera d'ailleurs jamais les tenants de cette étrange connivence. Une fois n'est pas coutume, cette bande d'affreux a pour lubie d’anéantir l'occident chrétien et à grands coups de bombe atomique tant qu'à faire (le prototype de l'appareil ressemblant fort à un thermos). Improbable melting pot, bordélique à souhait, on assiste pêle-mêle, et sans vraiment savoir pourquoi, à un combat de catch opposant un David carolo à un Goliath soviétique, à une amourette de Nazis bavarois ou aux prédications de sapeurs-pompiers post-apocalyptiques. Pour cette nouvelle et rocambolesque aventure, Jean-Jacques Rousseau a reçu le soutien financier de la Communauté française Wallonie-Bruxelles et de la Loterie Nationale -fait inédit et saugrenu pour ce réalisateur de plus de quarante films - ayant notamment permis de nous offrir un final à grands renforts de post-prod explosive du plus bel effet. Mais que les puristes se rassurent, l'homme cagoulé n'a pas succombé aux sirènes du star system, loin de là. Le montage improbable, la lumière ignoble, la musique cheap ou le jeu des quelque deux cents acteurs bénévoles portent plus que jamais la patte inimitable de ce guérillero du cinéma belge. De quoi retourner quinze fois André Bazin dans sa tombe. Navrante bouillie ou bordel jouissif, le style de JJR reste, et c'est le principal, incontestablement hors normes et passionné.


Bonus :
Accompagnant le film, une interview du réalisateur, de sa fille (actrice et compositrice) et de Noël Godin, également disponible sur Cinergie.be

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