Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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décembre 2007

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11/12/2007
 

Khadak de Jessica Woodworth et Peter Brosens

Les steppes mongoles sont couvertes de neige, sous un ciel bleu. Bagi, un jeune nomade, accompagne ses animaux. Il est assis contre un arbre solitaire duquel pendent quelques écharpes bleues. De la poésie lui trotte en tête. Il sent tout à coup qu’il va neiger et décide de rentrer chez lui sur son cheval, ses animaux regroupés devant lui. Une épidémie de peste est déclarée chez les animaux, obligeant Bagi et son peuple à venir travailler, relocalisés dans des villes minières désertes. Nous suivrons Bagi dans son destin épique, son parcours qui le transformera en shaman et son histoire d’amour avec Zolzaya, une jeune et belle voleuse de charbon. Bagi et Zolzaya révèleront ensuite que la peste n’était qu’un mensonge inventé de toutes pièces dans le but d’éradiquer la vie nomade.

Entre recherche de signification et la rencontre avec l’absurde, Khadak, premier long métrage des documentaristes Peter Brosens et Jessica Woodworth est un film unique, aux images à la beauté stupéfiante que n’auraient pas renié un Kusturica (pour les images et l’humour), un Kaurismäki (pour l’ironie féroce), voire un Lucian Pintilie (pour le pessimisme et aussi pour l’ironie... ) Entre drame et comédie, entre absurde et violence, entre beauté et froideur, Khadak n’a pas volé son Prix du « Lion du futur » (décerné aux premiers films) au Festival de Venise en 2006.

En bonus, ce DVD édité par Cinéart nous propose un joli documentaire de 28 minutes narré, au choix par Jessica Woodworth (sur la piste française) ou Peter Brosens (sur la piste néerlandaise), retraçant la grande aventure du tournage dans les steppes mongoles, dans des paysages souvent magnifiques mais baignés dans un froid glacial. Khadak est, par ailleurs, le premier film tourné en hiver en Mongolie, avec des caméras spécialement adaptées pour résister au froid. Nous sommes donc témoins du tournage des plus belles scènes du film avec une équipe emmitouflée dans leurs parkas et des acteurs dont le courage et la dévotion face à la rudesse des conditions météorologiques sont exemplaires.

Khadak, bien qu’imprégné de la culture et des paysages mongols est une aventure internationale. En effet, sur le tournage se côtoient des Russes, des Mongols, des Allemands, des Hollandais, des Français, des Lituaniens, des Américains et des Belges. Que le film ait su garder sa belle unité dans ce melting-pot de langues et d’influences relève du miracle. Un peu comme si le froid ambiant avait annihilé tous les problèmes de langues et de cultures...

Pour le duo de réalisateurs, Khadak est le résultat d’années à réaliser des documentaires. La question qu’on leur pose le plus souvent à propos du film est « Pourquoi la Mongolie ? » Après tout, le thème sous-jacent du film, l’avidité qui met en péril l’avenir d’un peuple est un thème malheureusement universel. Et Jessica Woodworth de nous énumérer leurs raisons : « Pourquoi la Mongolie ?... Pour ses espaces, ses vides, ses signes du passé et du futur, l’échelle des choses, l’ombre du socialisme, la merveille que ce pays évoque, les amitiés enrichies avec le temps, le bleu, le vert, le blanc, les silences, le tumulte de la transition, les injustices, l’ironie, les miroirs reflétant nos âmes... »

En fin de compte, pour ses incroyables qualités picturales, pour son ironie, son humour, pour l’amitié entre les acteurs et les membres de l’équipe bien reflétée dans ce documentaire, Khadak aura été pour tous ceux qui lui furent associés une grande aventure humaine, désormais disponible sur galette numérique.

http://www.khadak.com/

 


 

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