Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
15/12/2005
Mots-clés : histoire,
 

L'historique de Cinergie signé Marceau Verhaeghe

Cinergie: Toute une histoire
A Cinergie, on préfère passer son temps à regarder devant soi plutôt que de mesurer le chemin parcouru mais, dans les grandes circonstances, on peut bien faire une exception. Près de dix ans de présence sur la toile et 100 numéros de notre magazine sur Internet nous donnent l'occasion d'un petit coup d'oeil dans le rétro.
Le saviez-vous? Avant d'être un site Internet, Cinergie était un magazine papier. Il ne s'est d'ailleurs pas toujours appelé Cinergie. Et si l'on ajoute l'aventure du magazine papier à celle de l'électronique, c'est non pas 100, mais 200 numéros qu'il nous faudra fêter, et non pas presque dix, mais 23 années d'existence. 23 ans au cours desquels le cinéma belge s'est profondément transformé, a acquis une stature et une reconnaisance inimaginables à l'époque.
23 ans passés à côtoyer, encourager, aider producteurs, réalisateurs, acteurs, techniciens, organisateurs d'événements, distributeurs, exploitants. Bon nombre de leurs projets sont nés et se sont développés en même temps que nous. C'est du moins ce qu'on constate en se plongeant dans les collections du magazine. Un travail de fourmi, mais au fil des pages jaunies que l'on feuillette d'un doigt noir de poussière, c'est tout un monde qui revit sous nos yeux. Un incroyable voyage ponctué par les souvenirs de deux chevilles ouvrières, présents dès l'origine : la directrice Liliane Ravyts , l'éditeur Jean-Michel Vlaeminckx et depuis plus de dix ans à Dimitra Bouras devenue la webmaster du site.
Un voyage pour se rappeler que Cinergie est un projet intégré, tout entier voué à la défense du cinéma belge et en Belgique. Une ambition développée méthodiquement au fil des années et reposant sur des bases stables et solides. Un travail en constante interaction avec le milieu des professionnels et des cinéphiles, et dans lequel se sont investis bon nombres d'acteurs du paysage audiovisuel belge, autant que de passionnés. L'occasion d'évoquer certains faits que la plupart de nos internautes ignorent sans doute, ou ont tendance à oublier.

Au commencement
Origines d'une revue


Pour remonter aux sources de Cinergie, il faut se reporter à l'aube des années 80 au sein du vénérable magazine de cinéma Les amis du film et de la télévision. La revue était alors en perte de vitesse, après des heures de gloire vécues au cours du troisième quart du siècle, lors de l'âge d'or des ciné-clubs. Son comité directorial décide alors de faire appel à un homme d'avenir pour lui mitonner un solide lifting. Philippe Reynaert (puisque c'est de lui qu'il s'agit) s'entoure d'une équipe de journalistes qui en veulent. Parmi ceux-ci, quelques fleurons de la critique belge d'aujourd'hui: Henri Sonet, Charles Tatum Jr, Louis Danvers, Philippe Elhem, Jacqueline Aubenas, et même Noël Godin, pour n'en citer que quelques uns. Il renouvelle l'habillage, le contenu et, pour se débarasser définitivement de l'image bien pensante et un peu ringarde de la revue, la débaptise. L'aventure de Visions peut commencer. 
Pas plus que Les amis du film..., Visions n'est une revue sur le cinéma belge. Mais Philippe Reynaert souhaite y adjoindre un encart avec des échos de ce qui se passe chez nous, notamment un agenda des ciné-clubs. A Bruxelles, il contacte à cette fin la Commission communautaire française. "La demande de Philippe correspondait bien au travail que nous menions à l'époque", raconte Liliane Ravyts. "Entr'autres tâches, je m'occupais du RACC , le réseau d'action culturelle cinéma, une collaboration entre les services de la Communauté française et de la COCOF. Toujours bien vivant aujourd'hui, le RACC développe des activités
d'encouragement et de diffusion des films à destination des utilisateurs culturels et, en prenier lieu, des ciné-clubs.
 Nous avions créé Les feuillets du RACC, un catalogue avec présentation des films et je tenais un agenda des activités des ciné-clubs à Bruxelles, qui était diffusé dans les principaux lieux culturels de la Capitale
. "
Au départ de cela, en ajoutant des articles de fond sur les événements cinéma à l'affiche, et en donnant la parole aux acteurs culturels, la petite équipe se lance dans la création du supplément belge de Visions.
Cet encart va se développer, grandir, survivre à Visions, trouver sa propre spécificité et devenir autonome: c'est Cinergie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les métamorphoses de Cinéma en Marge, Cinéma en Marche à cinergie.be

En décembre 1982, en encart du n° 4 de Visions, paraît le premier numéro de ce qui deviendra Cinergie. Pour bénéficier de l'image de la plus populaire des manifestations organisées par le RACC , le magazine s'appelle Cinéma en Marge, Cinéma en Marche. Il comprend quatre pages au format A3, imprimées sur papier journal et intègre à la fois des actualités de Bruxelles et de Wallonie. (par la suite les actualités wallonnes furent intégrées dans un supplément spécifique, réalisé par Bernard Lepla et intitulé L'oeil averti). Ses premiers pas sont intimement liés à ceux de Visions. Ainsi, en octobre 1984, quand Visions passe du format gazette (semblable à l'actuel Libé) au format magazine, notre revue suit le mouvement passant de l'A3 à l'A4 et de 4 à 8 pages (numéro 17).. 
En décembre 1985, Cinéma en Marge, Cinéma en Marche commence à se démarquer d'un Visions en butte à de graves difficultés financières. (la revue disparaitra en mai 1987). Notre magazine se cherche une identité. C'est qu'en trois ans, le contenu s'est solidement étoffé, le rédactionnel s'émancipe petit à petit."Ici encore, c'est Philippe Reynaert qui a été l'élément moteur", confie Liliane. "Il nous fallait un nouveau nom, un nouveau logo, une nouvelle identité. Ce nom, c'est lui qui l'a trouvé. Pour son 29ème numéro, Cinéma en Marge, Cinéma en Marche est devenu Cinergie".
Entre temps en mars 1985, le magazine avait déjà gagné une impression en photocomposition, sur papier blanc.Pour son numéro 33, Cinergie passe à 16 pages (20 pages dès février 1987) et adopte un look blanc qu'il conservera jusqu'au passage à la couverture couleurs.
Dès son numéro 36 (octobre 1986), la revue inaugure une tradition qui se perpétuera jusque dans les années 2000: (presque) chaque couverture sera constituée d'un portrait photo grand format d'une personnalité du cinéma belge ou international, signé Jean-Michel Vlaeminckx. Et quand on laisse filer entre ses doigts les exemplaires au fil des mois et des années, on est ébouriffés par la galerie de personnages. Des belges, bien sûr, presque tous mais aussi les plus grandes stars internationales: Binoche, Rampling, Kusturica, Kazan, Wenders, Oshima, Lynch, Isabella Rossellini.... on passe.

Pour son numéro 58, en janvier 1989, Cinergie se paie un lifting : plus de pages (24), une mise en page plus vivante et, surtout, une couverture sur papier glacé. On reste en noir et blanc cependant. Il faudra attendre janvier 1991 pour passer à une couverture couleur, sur papier glacé d'abord, sur papier cartonné ensuite, dès septembre 1992. Quant à la mise en pages, elle ne changera pratiquement plus jusqu'au passage sur Internet, en octobre 1996 ... mais cela, c'est une autre histoire.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Evolution d'un contenu
C'est le fond qui manque le moins

Comme le dit Jean-Michel Vlaeminckx, éditeur: "A Cinergie, nous avons toujours privilégié le contenu, l'analyse, la réflexion de fond." Faire son travail sérieusement, sans se prendre au sérieux. " Bien sûr, nous prenons aussi grand soin que tout cela soit présenté de manière attrayante et que le ton reste léger. Mais notre ambition a toujours été d'apporter dans les sujets que nous traitions un plus d'information par rapport à nos concurrents, en même temps qu'un supplément d'âme. C'est encore le cas aujourd'hui avec le site web".
Au menu du 1er numéro, un article de Bernard Lepla sur une salle de Gembloux (le Royal) et les signatures de Geneviève Payez (une critique de Neige, de Juliet Berto), Philippe Reynaert (qui présente la programmation cinéma de la toute nouvelle Raffinerie du Plan K), Jacqueline Aubenas (un article sur le film de Mara Pigeon, Victor Cordier). Il y a bien sûr l'agenda des ciné-clubs et, côté Festivals, Jean-Luc Outers présente l'édition 1983 de Cinéma en Marge, Cinéma en Marche (un des ancêtres de "Filmer à tout prix"). Enfin, la page 4 réserve une carte blanche à... Georges Delmote. L'actuel patron du festival du Film Fantastique présente le 9è Festival National du Super 8 (devenu le Festival International du Film Indépendant), dont il était un des sélectionneurs. Entre Peymey et Cinergie, c'était déjà la marque d'une amitié et d'une fidélité qui n'allait jamais se démentir en 23 années d'existence.
Pendant trois ans, jusqu'à la disparition de Visions, l'histoire des deux magazines est couplée. "Lorsque je suis arrivé à Visions, début 1983", raconte Jean-Michel Vlaeminckx, "une de mes premières tâches fut de coordonner le contenu de Visions et celui de Cinéma en marge, cinéma en marche et bientôt de son pendant wallon L'oeil averti. Ces deux derniers avaient un contenu plus spécifiquement belge mais, étant donné qu'ils bénéficiaient également d'un tiré à part, grâce auquel ils étaient distribués gratuitement dans les lieux culturels de Bruxelles et de Wallonie, nous y reproduisions également certains articles de Visions.
Parcourir les feuilles jaunies de la collection des années 1983, 1984, 1985 est une exploration passionnante. On y partage les premiers balbutiements de manifestations devenues des incontournables de la vie bruxelloise. Le premier festival du film fantastique en 1983 (quelle programmation de rêve), joliment présenté par Georges Delmote (encore): "Rendre compte du fantastique dans le cinéma en quelques mots, c'est donner un bocal de poissons rouges en exemple de l'océan". Et une critique acerbe de Dark Cristal par Louis Danvers. La deuxième "Rencontre du cinéma d'animation": Liliane Ravyts et J.M. Vlaeminckx faisaient le point avec Philippe Moins. Le festival du film arabe, créé en 1984 par Liliane Ravyts et qui deviendra le "Med", ou encore la biennale du cinéma italien. Les amateurs d'anecdotes apprendont que la première photo signée JMV pour notre magazine fut une photo de Gabrielle Claes. C'était en avril 1983, l'actuelle conservatrice de la Cinémathèque Royale était alors la cheville ouvrière de la décentralisation des films classiques et contemporains, et sa table de travail était déjà aussi fortement encombrée qu'aujourd'hui. Ou encore que la première interview que l'actuel Secrétaire général de la Communauté française Henry Ingberg accorde à notre magazine (et sa première photo par JMV) date de septembre 1983 et on y parle déjà de... Tax Shelter (incroyable, non?). Fin 1983 apparaissent les premiers articles de fond, détachés de l'événementiel; une série sur les métiers du cinéma (La monteuse Eva Houdova, le scénariste Luc Jabon, le directeur photo Charlie Van Damme, l'ingénieur du son Ricardo Castro, etc...).
Dès la fin de la première année aparaissent des critiques de films (au programme des ciné-clubs) et des interviews de cinéastes et de comédiens (la première est une interview de Mary Jimenez par Louis Danvers). De nouvelles signatures aparaissent aux côtés des Marie Hélène Massin, Liliane Ravyts, J.M.Vlaeminckx, Philippe Elhem, Geneviève Payez. Régulières ou occasionnelles: Karin Beyens, Nicole vander Vorst, Greta Van Den Bempt, Philippe Legrain, Patrick Leboutte, Serge Meurant, Emmanuelle Constant, Dominique Costermans, Dirk Deblieck.. Certains présentent une manifestation ou un projet dans lequel ils sont engagés, d'autres livrent leurs réflexions sur le cinéma, d'autres encore deviendront des signatures attirées pour quelques mois ou quelques années. En 1985 aparaissent deux collaborateurs qui vont porter la revue à sa vitesse de croisière, comme journalistes, secrétaires de rédaction et collaborateurs privilégiés: Bernard Hayette et Hilda Helfgott. L'année suivante, Marc Vanhellemont complète la rédaction permanente. Michel Paquot, Stephan Streker, Philippe Elhem prêteront régulièrement main forte à une équipe que d'autres Free Lance de prestige viennent ponctuellement renforcer: Philippe Reynaert, Eric Russon, Louis Danvers, Noël Godin,... Enfin, en janvier 1987, une dernière pierre angulaire vient souder l'équipe: la caricaturiste Anne-Catherine Van Santen, dont les dessins égayeront la revue jusqu'à l'aube des années 2000.
A ce moment, les cinéastes favoris de votre rédaction (ceux qui reviennent le plus souvent, en tous cas) s'appellent Boris Lehman (vainqueur toutes catégories), Mary Jimenez et Mara Pigeon. Outre les critiques, les reportages et les dossiers sur les grandes manifestations du cinéma à Bruxelles, on inaugure de nouvelles rubriques: dès la mi-86 les reportages sur les tournages et ...des mots croisés (qui dureront quand même quelques années). En septembre 1987, on inaugure une habitude qui ne nous quittera plus: celle de mettre à la une, par la photo,de façon sympathique et décalée une personnalité du cinéma belge: comédiens, réalisateurs, techniciens, professionnels... En octobre 1987, l'idée est de les photographier avec leur poupousse. Cela s'appelait Cat People. Ensuite, les chats ont disparu, pour faire place à une mise en situation dans les lieux pittoresques de Brucelles. Cela s'est appelé La ville est à eux. Et puis les présentations se sont faites plus cinéphiles. On appelle cela Gros Plan, sans oublier, pour les comédiens, la rubrique Bobines.
 Au fil des mois et des années qui suivent, de nouveaux noms défilent encore à la rédaction: Claude Waldmann, Thierry Vangulick, Philippe Deprez, Sylvie Van Hiel, Renaud Callebaut, Thierry Horguelin. En janvier 1989, le grand lifting est également accompagné d'une rénovation du fond. Pour la rédaction d'alors (Editorial du n° 58) ."Cinergie couvrira plus largement l'actualité cinématographique par des comptes rendus incisifs sur les principales sorties de films. Mais rassurez-vous, Cinergie continuera à couvrir ses réalisateurs chéris et conservera sa forme artisanale où le rédactionnel ne risque aucun naufrage." Au départ de ce texte se dessine aussi en filigrane la question qui tarabuste: Cinergie s'est-il toujours aussi exclusivement qu'aujourd'hui consacré au seul cinéma belge? Dans ce même éditorial, la rédaction s'exprime également là-dessus: "Cinergie se veut à la hauteur de son ambition: être le reflet des événements cinématographiques de Bruxelles, rendre compte de la production audiovisuelle de Belgique, poser à travers ses dossiers les grandes questions du cinéma." Si le monde audiovisuel belge a toujours eu la part dominante dans le magazine, par les comptes rendus de manifestations, par les rencontres, par l'attention accordée aux productions de chez nous, la tentation est constante, pour la rédaction, de s'ouvrir davantage au monde.
Les manifestations organisées à Bruxelles donnent l'occasion d'une abondante couverture des cinématographie arabe et africaine, notamment. Les sorties en salle en Belgique fournissaient également matière à des pages de critiques et de coups de coeur, plus longs et plus analytiques.Et puis les reportages sur des organisations étrangères, du festival de Cannes à celui de Sousse, offraient également des ouvertures sur l'étranger. Enfin, des dossiers, souvent rédigés à l'occasion d'événements belges (pas toujours cependant) faisaient le point sur les grandes tendances du cinéma. Le super 8, auquel nous nous consacrions encore beaucoup dans les années 80 fait place petit à petit à la vidéo, puis au numérique auquel Cinergie s'intéresse très vite (il consacre un dossier aux images de synthèse dès 1988), la place de la télévision pour le cinéma, le travail des ateliers de production, ou des sujets plus ambitieux comme la censure (n°52) ou la faillite du scénario (n°58). Quant à la place au sein de notre revue pour cette ouverture sur l'international, je diriais qu'elle suit un mouvement de balancier.Des phases de plus grande liberté succèdent à des moments où la ligne éditoriale se resserre.
 Dans les années 90 arrivent d'autres signatures encore, qui marqueront la rédaction: André Joassin, Myriam Garfunkel, Patrick Matthys, Sophie Gaudin, Eric Gillet, Anne-Françoise Hupe, Philippe Simon, ainsi que votre serviteur. En 1993, l'arrivée de Dimitra Bouras, d'abord secrétaire de rédaction puis assistante à la direction allait vite s'imposer comme l'indispensable cheville ouvrière de la revue. C'est aussi à cette époque que commencent à se marquer les soucis financiers qui affecteront la revue pendant toute la décennie. Les budgets sont loin d'augmenter alors que Cinergie, lui, a continué de vivre sa vie de revue avec dynamisme. Les sujets se sont diversifiés, les collaborations se sont accrues, le tirage a augmenté permettant à Cinergie d'être présent dans tous les endroits où le cinéma se vit en communauté française (Cinergie a toujours été distribué par mailing list et via des dépôts disposé dans les principaux lieux stratégiques de Bruxelles et de Wallonie). Dès la fin 1993, il devient évident que Cinergie va devoir se remettre profondément en question.Même si la revue continue à paraître jusqu'à la mi 1996 sans que la crise ne se fasse trop sentir au lecteur, dès 1995, le débat est ouvert pour offrir à Cinergie d'autres pistes de diffusion.

Cinergie Internet
Weu Weu Weu, Cinergie point Béeu.
"Ce sont Thierry Zéno et Jean-Jacques Andrien qui, les premiers, nous ont parlé d'Internet" raconte Jean-Michel Vlaeminckx. "Le media en était à ses tous premiers balbutiements, du moins à destination du grand public mais Jean-Jacques, qui travaillait sur un projet de film avec l'Australie l'utilisait beaucoup pour correspondre avec l'autre bout du monde. Tous deux étaient déjà conscients de ses nombreuses potentialités. Nous, on découvrait. A l'époque, abandonner le media papier était une décision extrêmement douloureuse à prendre et se baser uniquement sur l' Internet pour poursuivre notre travail paraissait un pari fou, totalement irréaliste. Il a fallu convaincre. Moi en premier, car j'étais loin d'être acquis à l'idée. Puis l'équipe, et puis nos sponsors. Il a fallu trouver les moyens techniques et les concepteurs, les webmasters, les providers ne couraient pas les rues comme aujourd'hui. Il a aussi fallu développer le projet. Du point de vue technique, nous avons pu compter sur la collaboration de Bernard Lombart, qui a mis l'infrastructre en place, et de notre premier webmaster, Thierry Horguelin qui, en 3 mois, a créé le site. Un travail considérable et impressionnant poursuivi et développé par la suite par Dimitra Bouras devenue notre webmaster indispensable du site."
Frédéric Fonteyne et Jaco Van Dormael, Festival de Bruxelles, janvier 2000 (Photo JMV)
"Quant au contenu, on s'est lancé, il faut bien le dire, un peu à l'aveuglette. Mais paradoxalement, je suis convaincu aujourd'hui que notre méconnaissance du media fut aussi notre chance. Elle nous a permis de développer sans complexe notre propre identité, sans être parasité par les conventions et les convenances du support. Les choses «qu'il faut faire ou qu'il ne faut pas faire». Nous avons ainsi résisté aux pressions qui visaient à transformer Cinergie en Newsletter (une accumulation de brèves envoyées périodiquement à une liste d'abonnés). Nous voulions garder un véritable magazine sur Internet, avec des rubriques, des échanges d'opinions, du contenu, du fond. Nous avons pris conscience assez vite également des possibiltés d'archivage offertes par le Webzine. Au départ des articles archivés, on se constituait petit à petit une mine de données unique sur le cinéma belge, ses films, ses réalisateurs. "
"Tout notre travail sur le cinéma belge depuis 1996 peut ainsi être retrouvé par thèmes et par mots-clés via un moteur de recherches, un sommaire de données, et bientôt une base de données relationnelle. A côté de cela, la construction d'un annuaire des professionnels s'imposait. Il en existait plusieurs sur papier mais rien sur le web. Même si aujourd'hui, de tels répertoires foisonnent, le nôtre est le plus ancien et de ce fait, sans doute le plus complet dans la durée. Il y avait également un espace pour les brèves et nous avons proposé une offre de création et d'hébergement de sites à destination des ateliers de production et d'organisations amies. Nous avons développé cela dans le souci, toujours, d'apporter un contenu sous une forme attayante, et vivante. "

Vincent Patar et Stéphane Aubier, Festival du dessin animé, mars 2000 (Photo JMV) En octobre 1996 paraît donc le premier numéro du Webzine Cinergie. A l'époque, notre site s'appelle MediaCiné et est disponible à l'adresse Synec-doc.be. Ce n'est qu'au tournant des années 2000 que Cinergie redeviendra le nom générique de toutes nos activités sous notre propre nom de domaine. Parlant du magazine, le contenu varie peu mais s'adapte progressivement au media. Les débuts sont difficiles: Internet n'est pas encore répandu et les habitudes de consultation ne sont pas encore développées. Mais dès qu'Internet arrive dans les bureaux et les foyers, les consultations s'accroissent et dès le début des années 2000, nous pouvons revendiquer une moyenne de 300.000 visites par an.

Cinergie et la Communauté française
Une indispensable synergie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Créé au sein de la COCOF, Cinergie était toujours essentiellement soutenu par cet organisme de la région bruxelloise. Un soutien devenu pour ce dernier extrêmement lourd. "Il est de plus en plus apparu", explique Jean-Michel, "que la COCOF notre principal support si elle était intéressée par la création de l'annuaire des professionnels avait tendance à estimer qu'un magazine voué à la défense du cinéma belge relevait plutôt des compétences de la Communauté française en tant que telle." En 2000, une nouvelle crise apparaît: la subvention est réduite dans de telles proportions qu'elle interdit tout travail sérieux sur le magazine. Une pétition est alors lancée, qui recueille de nombreuses signatures. En même temps, des contacts sont pris avec la Communauté française ainsi qu'avec la SACD. " A la Communauté, nous avons reçu d'emblée un accueil très positif de la part d'Henry Ingberg. Je pense que notre projet correspondait à quelque chose qu'il cherchait lui-même à développer " commente Jean-Michel. "Il a pu dégager un budget."
Au terme de ces discussions Cinergie préserve sa structure et peut continuer à développer son projet intégré.
Philippe Reynaert, en patron de Wallimage, mars 2003
Des partenariats sont développés, notamment avec La Libre, le Moniteur du film et la SACD. Le contenu des numéros du magazine, ainsi que l'annuaire des professionnels, doivent passer sur une base de données intégrées. Ce projet, auquel nous travaillons activement, sera achevé dans quelques mois. Par ailleurs, à côté du magazine, consacré à la critique, à l'information de fond, aux réflexion, se développe, surtout depuis 2003 une partie du site dédiée aux infos et annonces. On y retrouve les petites annonces de professionnels (castings, recherche de techniciens, de matériel) et des brèves d'information davantage événementielles. Quotidiennement mis à jour, on y retrouve aussi bien le programme d'un ciné-club ou d'une soirée thématique que les prix remportés par un film ou un comédien belge à l'étranger, ou des nouvelles d'une production belge en cours. Cette partie nous permet d'informer sur tout ce qui se passe en Belgique au niveau du cinéma, en collant au plus près à l'actualité mais aussi, de jouer son rôle de lien et de nécessaire référence pour un monde du cinéma belge en constante effervescence.

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