Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2000
 

L'Hôtel des thermes de Thomas François et Bernard Declercq

L'Hôtel des thermes de Thomas François et Bernard DeclercqMayday, Mayday

La quiétude des plages désertes d'une mer du Nord. Un hôtel où un couple semble vivre un bonheur sans histoire. Et puis, une autre femme, Tessa. L'homme, son mari, l'a fait enfermer il y a quelque temps dans un hôpital psychiatrique d'où elle s'est échappée avec l'intention de voir ses deux enfants. Avec aussi dans le cœur d'autres projets bien plus terribles…
Une transposition quasi littérale du mythe de Médée et Jason, tel qu'il nous est rapporté par la tragédie d'Euripide. Avec la différence que le statut particulier (semi-divin) de Médée dans la tradition grecque, ainsi que toute l'histoire qui l'unissait à Jason, les immenses sacrifices qu'elle avait consentis pour des promesses non tenues, constituent l'explication de son impitoyable vengeance. Rien de tout cela n'est dit ici, et on a du mal à imaginer la fragile Tessa avec la force morale nécessaire pour préméditer un tel forfait. Et si la femme trompée reste, il n'y a plus grand-chose de l'archétype tragique de la vengeresse implacable. Il ne reste qu'une désespérée qui n'a d'autre issue que d'emporter ses enfants avec elle dans un geste irréparable. La question dès lors se pose: tout cela est-il bien utile? Le tout est cependant filmé de façon assez intéressante. Le ton est distant, presque décalé, les images léchées, sans doute pour rappeler le côté magique et hiératique de la tragédie grecque.

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