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Mars 2003
01/03/2003
 

L'Or des Anges

l'or des anges-dvd

Philippe Reypens a eu l'excellente idée de réunir L'Or des Anges et Un peu de fièvre dans une édition DVD, la thématique commune aux deux films le permettant. Il s'agit, à travers un documentaire et une fiction de non seulement nous faire découvrir l'importance du chant choral qui précède la musique instrumentale, mais aussi l'importance des choeurs d'enfants depuis le Moyen Age jusqu'à nos jours. Dans L'Or des Anges, Hyacinthe, un jeune garçon qui ne porte pas par hasard le nom de cette fleur androgyne, sert de fil rouge à un documentaire/fiction depuis son entrée dans les choeurs jusqu'à la mue qui l'en exclut. Ce qui nous permet de voir et entendre le Stabat Mater de Pergolèse interprété par la voix d'ange de Sébastien Hennnig, à l'âge de treize ans. Celui-ci étant dirigé par notre compatriote René Jacobs. Mais aussi les choeurs du Worcester Cathedral Choir, le knabenchor Hannover sous la direction de Heinz Hennig et un florilège des meilleurs choeurs d'Europe qui se servent des voix de jeunes garçons ( le clou étant le duo des chats de Rossini qui est à couper le souffle).

Rejoice

Lors des Festivals des choeurs de garçons se déroulant à Poznan, en 2001, nous découvrons Dennis, le soliste des Rossignols de Pologne répétant le Requiem de Mozart, une oeuvre faisant partie du vaste répertoire qui est le leur. Ce pays est l'un des rares avec la Grande-Bretagne à avoir conservé depuis le Moyen-Âge une tradition chorale qui permet aux jeunes garçons participant à une maîtrise de recevoir une éducation musicale. Le même Dennis profite de la présence d'Edward Higginbottom, à la tête du New College d'Oxford (vieux de plus de 600 ans) pour interpréter un extrait du Messie, l'Oratorio d'Haendel, et plus précisément le très bel aria Rejoice greatly, O daughter of Zion. Ce documentaire a été réalisé lors du 7ième Festival mondial de Poznan (48')
Rejoice est le chaînon central d'une trilogie. Ainsi que l'explique le réalisateur, dans le livret : « L'Or des Anges se veut à la fois un parcours historique et humain commençant aux origines du chant en même temps qu'aux premières auditions ; Rejoice est comme son nom l'indique la « réjouissance », telle une voix qui atteint sa plénitude ; Un peu de fièvre est l'instant d'après, la fleur qui se fane ».
Un peu de Fièvre fictionnalise le problème de ces enfants qui, devenus adultes, perdent leur pouvoir vocal. Nous découvrons via Alexandre violoncelliste répétant pour un concours, son passé d'enfant chantant dans un choeur et dont le passage de l'enfance à l'adolescence à provoqué une rupture brutale. C'est pour continuer à exercer la musique, pour retrouver les émotions de cette voix d'enfant, qu'il a choisi de pratiquer le violoncelle, un instrument qui est proche de la voix masculine

Suppléments

Making off de l'Or des Anges et Un peu de fièvre

D'autant que nous découvrons dans le making off de L'Or des Anges que ce documentaire a été tourné avec les moyens de la fiction. Caméra S16mm, travellings, répétitions. Que le film a été découpé au préalable et comme l'explique Philippe Reypens qu'il s'agissait de «recréer ce que j'avais pu observer pendant le temps de la préparation. Tout en conservant le souci de donner une certaine liberté aux intervenants pour laisser place à la spontanéité ». Les deux making off nous montrent pour Un peu de fièvre des plans où nous découvrons Michel Baudour, caméra à l'épaule à l'affût du jeu de Pierre-Alain Pignolet, musicien professionnel et comédien amateur et pour L'Or des Anges la séquence en travelling circulaire du duo des chats de Rossini.

Et, bien d'autres choses encore dont nous vous laissons la surprise. Ajoutons qu'on peut également découvrir les photos en noir et blanc de Martin Santander et certaines scènes inédites.
un peu de fièvre

Philippe Reypens

Cinergie : Pensez-vous que l'édition en DVD de votre film lui offre une seconde vie après sa sortie en salles ou sa diffusion Télévisée ?
Philippe Reypens : Oui, je le pense. En ce qui concerne « L'Or des Anges » et « Un peu de fièvre » en particulier. Le premier est un documentaire de 52 minutes, le second un film court-métrage de fiction. C'est déjà exceptionnel de pouvoir les sortir en DVD. Pour un film de court-métrage, c'est un support de diffusion supplémentaire qui s'offre à lui (à condition qu'il accompagne un film de long ou de moyen métrage ou qu'il fasse partie d'une collection de films de court-métrage). Dans le cas qui nous occupe, ces films se complètent admirablement sur le plan thématique.  Un peu de fièvre  est une sorte de suite à  L'Or des Anges . Ces deux films -- auxquels vous ajoutez Rejoice -- constituent une sorte de trilogie.

C. : Pensez-vous atteindre , avec ce support, un public différent de celui qui fréquente habituellement les salles ?
Ph. R. :  L'Or des Anges  n'était pas destiné aux salles, tout comme Un peu de fièvre (sauf les festivals). Ils étaient destinés à la télévision. Je tenais à ce que ce DVD ne soit pas zoné, et ce afin qu'il puisse être vu partout dans le monde. Je tenais également à ce qu'il soit multilingue. Grâce à cela, j'ai des demandes du Japon et des Etats-Unis.

 

Je touche un public d' « aficionados » de musique vocale. C'est bien là un public « différent » -- que nos chaînes de télévision européennes ne peuvent atteindre. Car il n'est pas toujours facile de vendre un programme culturel à des chaînes étrangères (surtout aux Etats-Unis). Un autre phénomène important est à relever dans l'édition DVD. C'est celui d'internet. Aujourd'hui, un petit producteur indépendant peut éditer et distribuer lui-même ses films en DVD parce qu'il est en mesure de toucher un public cible où qu'il soit dans le monde. Il vous suffit d'organiser un système de vente « online » sur votre site internet et d'en faire la publicité là où il faut ou de le placer chez Amazon.com et le tour est joué. Il n'y a plus d'intermédiaire entre le producteur et le particulier. Bien sûr, il est intéressant de faire appel à un distributeur, afin que votre DVD soit aussi disponible dans le réseau de la grande distribution. C'est ce que nous avons fait avec Boomerang Pictures qui a l'exclusivité pour le territoire belge.

C. : Que pensez-vous du découpage en chapitres. Y avez-vous participé ?
Ph. R. : Les chapitres ont été faits en fonction des plages musicales du documentaire L'Or des Anges. J'y ai participé par ce que nous sommes éditeurs. Toute la conception a été faite par nos soins (Loïc Porcher et moi-même). Un DVD, c'est un peu comme un livre. C'est un objet que j'aime posséder et consulter. J'aime revoir certaines séquences d'un film comme je relis volontiers un chapitre d'un livre de chevet.

C. :
Le bonus permet d'offrir au spectateur le contexte dans lequel le film s'est fait. Etes-vous pour la diffusion d'un making off, d'entretiens avec les réalisateurs ou acteurs. Ce qui permet de revenir au film après-coup ?
Ph.R. : Oui. C'est l'occasion de donner des éclairages divers sur le film. Puisque le DVD le permet en tant que support, pourquoi ne pas en profiter ? Cela ne veut pas dire que l'on peut y mettre tout et n'importe quoi. Aujourd'hui, on ne tourne pas un film de long-métrage sans faire un « making of ». Cela permet de promouvoir un film et de nourrir l'attrait de son édition DVD.

C. :
Le bonus permet d'insérer des scènes inédites, coupées au montage. Cela vous parait-il intéressant ?
Ph.R. :Oui et non. Oui si l'on peut voir ces scènes inédites intégrées dans une « director's cut » par exemple. Cela nous amène à la question suivante.

: Pensez-vous qu'à l'avenir, on pourra avoir plusieurs versions d'un même film, diffusion salles, télé, DVD (Director's cut) ?
Ph.R. : Le DVD permet parfois de découvrir plusieurs versions d'un même film. J'ai vu récemment la « director's cut » d' « Amadeus ». Seul le DVD nous donne cette occasion. C'est intéressant de voir la différence entre les deux montages. Je ne vous cache pas ma préférence pour la version du producteur. Les scènes que Milos Forman a rajouté dans sa « director's cut » n'apportent, me semble-t-il, pas grand chose, sinon de développer une intrigue secondaire qui ne sert pas vraiment l'histoire. Mais peut-être ai-je vu trop souvent la version du producteur pour pouvoir apprécier vraiment celle de Milos Forman. C'est comme l'interprétation musicale d'une oeuvre. Vous l'avez dans l'oreille ; vous aurez du mal à vous en défaire.

JMV
Edité par King's Group et distribué par Boomerang Pictures.

www.kings-group.com

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