Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/12/1996
 

La Bague, de Samy Brunet

Bijou d'amour

La caméra glisse sur le rail du travelling, cadre Fanny (Sandrine Bonjean) et Greta (Babette Jouret), la joaillière qui sort une bague de la vitrine et la présente à sa cliente.La caméra s'élève et recadre en plongée le sol sur lequel se dessine, à droite de l'image, l'ombre portée du sigle de la bijouterie.Et voici que, par un artifice d'éclairage, le reflet se déplace vers la gauche pour évoquer la courbe du soleil et le temps qui passe. Sans interruption, la caméra redescend cadrer Fanny et Boris (John Dobrynine) qui entrent quelques heures plus tard dans la bijouterie. C'est un raccord-temps subtil qui n'est pas sans évoquer celui de Mélo (un panoramique à 180deg. dans l'appartement de Dussolier), le beau film d'Alain Resnais. La bague
Samy Brunett (pour mémoire auteur d'un Concert remarqué) met en place avec méticulosité ce plan assez complexe de son troisième film, tout en expliquant aux comédiens les nuances du jeu qu'il veut obtenir. L'argument de La Bague est joli : Fanny, une belle jeune femme, désire une bague de 100.000 francs. Elle s'arrange pour en faire payer la moitié à ses deux amants. Chacun croira payer la totalité et donc offrir le bijou à son amie. Samy nous glisse à l'oreille que l'histoire est inspirée d'un fait vrai que lui a raconté une bijoutière. " L'histoire se passe dans un lieu clos, j'ai donc préféré travailler en studio, qui nous permet de régler les mouvements d'appareils compliqués en toute tranquillité ", ajoute-t-il tandis que nous nous promenons dans une sorte de hangar abritant le décor extérieur et intérieur d'une joaillerie dans laquelle cohabitent en toute innocence les vrais et les faux bijoux.
On tourne à présent le contrechamp du plan précédent. Fanny et Boris discutent entre eux de la bague. Elle la met à son doigt, il la regarde, indécis. La bijoutière se tient derrière le bureau et attend sans impatience le verdict..."On la prend !" murmure Boris.

Lidia Gervasi et Jean-Michel Vlaeminckx
commentaires propulsé par Disqus