Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/01/2003
Mots-clés : critique de cinéma,
 

La Dernière note de Maurice Minet

Ce film qui a obtenu le prix de la deux/RTBF à l'édition 2002 de Média 10/10 est un conte de fées. Qu'on en juge : produit par le CINAM une association d'amateurs passionnés de cinéma sur un scénario de Maurice Minet qui a réalisé le film sous la supervision de Benoît Mariage (animateur au CINAM), la Dernière note fait bonne figure, sinon mieux, dans la cour des grands.
La Dernière note est une fable mélancolique qui raconte l'histoire d'un joueur de Tuba qui, à la surprise (ainsi que toute la fanfare dont il fait partie) de découvrir un nouveau chef qui va diriger leur travail artistique. D'emblée celui-ci s'empare d'une partition et la froisse en disant : « La marche des chasseurs ardennais c'est fini ! ça c'était l'ancienne fanfare ! Maintenant on joue « Lawrence d'Arabie » ! La septième compagnie va essayer de passer au septième art ! La musique de papy c'est fini ! A vos instruments ! »  Commence la répétition où notre joueur de tuba est rapidement largué. Lors de la pause déjeuner, le chef de la fanfare s'approche de lui, remplace son verre de bière par une tasse de café et lui demande depuis combien de temps il joue dans la fanfare. « Cinquante ans » lui est-il répondu. Rentré chez lui, le joueur de tuba brûle ses partitions et met l'instrument qui fut une partie de sa vie à la poubelle. De jeunes enfants le découvre et s'en emparent. On vous laisse découvrir les derniers plans de ce film qui exprime par l'image, la durée, le temps qui passe, le jeu des générations qui se succèdent, la vie qui s'écoule tout simplement et dont on se rend compte qu'elle peut à tout moment vous laisser seul sur les bas cotés de la route. La finesse du film qui alterne les plans d'ensemble et les gros plans est de montrer sans rien démontrer. On y communique davantage par les non-dits que par les dialogues. Bref, on est dans l'émotion.

commentaires propulsé par Disqus