Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/02/2003
Mots-clés : critique de cinéma,
 

La Femme papillon de Virginie Bourdin

 Dans un théâtre de marionnettes, la Femme Papillon exécute ses tours de magie sous les yeux rêveurs de toute une assemblée de pantins. L'un d'entre eux, tellement subjugué par la beauté de cette créature majestueuse, en perd la raison, et par la même occasion tous ses fils qui le retenaient à son destin. Libéré du joug marionnettiste, il s'empresse de rejoindre sur scène cette Femme Papillon... mais le rideau tombe sur toute cette mascarade en carton-pâte, et le pantin dégingandé se retrouve seul.
Après une course poursuite le conduisant dans les tréfonds de ce petit théâtre de bric et de broc, le petit Pierrot lunaire s'empare d'une paire de ciseaux, bien décidé à couper ces fils qui emprisonnent la belle, et ainsi lui voler son coeur. En situant son histoire dans un univers poétique (celui du spectacle donc du rêve) mais marqué du sceau de la mélancolie (les personnages sont pendus à des fils, manipulés par une force inconnue qui les prive de liberté), Virginie Bourdin a signé un court métrage d'animation (volume et 3D) surprenant. Certains y verront une métaphore de la condition humaine, d'autre une allégorie de la servitude à laquelle nous condamne notre civilisation. Toujours est-il que La Femme Papillon confirme la maîtrise technique de cette jeune Française spécialisée dans la conception de décors de films d'animations (Atraksion de Raoul Servais, L'écrivain de Frits Standaert (en cours), etc.). Pour un premier court, c'est une bonne surprise, même si, au final, cette histoire de pouvoir usurpé (viens que je te tire les ficelles) donne un peu le bourdon.

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