Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/01/2003
Mots-clés : critique de cinéma,
 

La Fille de Bent Keltoum de Mehdi Charef

Rallia, La Fille de Bent Keltoum, est une jeune mannequin suisse originaire du Maghréb qui part à la recherche de ses racines et de sa mère. Accompagnée d'une tante un peu folle, elle traverse toute l'Algérie pour la retrouver et comprendre pourquoi elle l'a abandonnée.
A travers l'histoire de Rallia, Mehdi Charef, réalisateur algérien vivant en France, nous invite à découvrir les filles de son pays. L'histoire des femmes de la campagne et des montagnes qui vivent la plupart du temps à la merci de leur mari, et suivant la loi des hommes de la famille. Comme par exemple, cette femme répudiée et abandonnée au milieu du désert par son époux simplement parce qu'il en préfère une plus jeune.
Ce sont de très beaux portraits que le réalisateur nous invite à découvrir. Ceux de la femme algérienne qui subit des souffrances quotidiennes mais qui pourtant garde le sourire, le rythme de la musique et pour certaines, l'espoir d'un avenir meilleur.
A travers ce road-movie, nous découvrons les terres arides du nord de l'Afrique. Comme la vie de ses habitants. Et la beauté du mannequin contraste d'autant plus avec la dure réalité de la montagne.
En fait, le film a été tourné dans un pays voisin de l'Algérie. Le réalisateur n'a en effet pas voulu prendre le risque d'emmener une équipe dans un pays où la violence est continuellement présente.
Au départ, Mehdi Charef voulait retourner sur son passé, dans sa communauté où arabe, juif et chrétien vivaient ensemble jusqu'au jour où la guerre à éclaté. Mais en y allant, il a « retrouvé les femmes, les filles de ma montagne. J'ai reconnu leurs chants, leurs rires, leurs pleurs, j'ai changé d'avis, j'ai changé de film. »
Si l'on parcourt sa filmographie, on constate que Mehdi Charef a déjà dressé des portraits de femmes. Notamment dans le film  Marie-Line où Muriel Robin campe le rôle d'un chef à la tête d'une équipe de nettoyeuses, toutes immigrées. Son interprétation lui a d'ailleurs valu une nomination au César de la meilleure actrice. Le réalisateur avait quant à lui déjà reçu le César de la meilleure première oeuvre pour son film, qui est d'ailleurs aussi un livre (éd.folio) Le thé au harem d'Archimède.
Quant à Cylia Malki, qui joue Rallia, on a pu la découvrir dans Déjà mort d'Olivier Dahan.

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