Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
12/07/2011
 

La garde-barrière de Hugo Frassetto et Géraldine Boudot

La vache et le violon

photo du film d'animation, La garde-barrière de Hugo Frassetto et Géraldine BoudotGarde-barrière d’un passage à niveau sur une route à l’abandon, une vieille dame vit seule dans sa maisonnette qui n'est reliée au monde que par les trains qui passent. Elle comble sa solitude par la tendresse qu’elle porte à sa jolie vache et s’évade en jouant du violon. À part le joyeux bovidé, personne pour apprécier les sons merveilleux qu'elle tire de l'instrument. Un jour, elle décide de se faire entendre des passagers des trains. Quelques minutes d'arrêt (contraint et forcé bien sûr) et une pause mélomane ne devraient faire de mal à personne. Mais, malgré les stratagèmes les plus astucieux, aucun train ne veut s'arrêter pour entendre la vieille dame. Que l'on soit conducteur de train, passager, vache ou violoniste, on a tous ses petits soucis…

 La garde-barrière est d'abord un film de La boîte..., la firme belge de cinéma d'animation dirigée par Arnaud Demuynck. Après quelques productions assez lourdes, on est heureux de voir ce dernier s'orienter à nouveau vers une animation (en images de synthèse) plus fraîche, sans trop de prétention, mais à l'écriture bien piquante là où il faut. On y parle de la solitude dans une société de plus en plus mécanisée et robotisée, de la difficulté de faire entendre la voix de l'artiste dans un monde individualiste et stressé, de la famille (qu'est la relation de la vieille dame avec sa vache si ce n'est...?) et finalement du monde tel qu'il est ou tel qu'il devrait être. Les deux jeunes auteurs mettent ce joli conte en place sur un ton primesautier, pétri d'humour. Leur dessin, apparemment naïf, aux couleurs saturées et aux perspectives faussées, correspond parfaitement à cette narration. Si on a affaire à une animation tout public, l'impression générale de gentillesse est tempérée par une ironie piquante, et l'on s'aperçoit, avec le temps, que la ligne générale est finalement moins innocente qu'il n'y paraît. On prend petit à petit conscience de l'excellence du travail d'écriture. Décidément, Hugo Frassetto et Géraldine Boudotet réussissent à créer un style bien à eux, qu'on leur souhaite d'approfondir.


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