Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
09/03/2010
 

La Journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld.

Ce n’est pas pour rien qu’Isabelle Adjani a reçu le César 2010 de la meilleure actrice.

 

La journée de la jupeSonia Bergerac (Isabelle Adjani) plie sous le poids du « ras-le-bol », et la petite goutte d’eau ne roule pas le long de sa joue, mais déborde bien du vase. La journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld est un film dont le sujet a été, de nombreuses fois, mis en évidence. Peu importe, on accroche, et on n’arrive pas à lâcher son regard du visage d’Isabelle Adjani où la peur surmontée par la haine peut se lire. L’intrigue est lancée, et c’est maintenant nous qui sommes pris en otage. Le principe est simple, tout est fait pour que Sonia Bergerac perde le contrôle : des années désastreuses dans un collège difficile, des élèves exaspérants qui terrifient par la violence, un harcèlement moral et un manque de respect quotidien. Bousculée, insultée, malmenée Sonia sait que porter une jupe dans cette banlieue, cela se résume à être perçue comme une « pute ». Dépressive, la vue d’une arme tombant du sac d’un élève lui fait oublier tout le reste, et, sous la pression, elle devient justicière. À partir de l’instant où le revolver tombe dans la main du professeur, la tension se fait lourde. Le questionnement se fait sur l’avenir des élèves pris en otage à chaque minute du film, mais pas seulement. Que va devenir cette courageuse femme qui revendique ces droits au péril de sa vie ?
Car cette prise d’otage n’est pas seulement un « pétage de câbles », mais bien un appel à l’aide. Le racisme, la religion, le machisme, le viol, sont les sujets mis sur la table, et, après un bref cours de français, c’est un dialogue à cœur ouvert qu’engage Sonia Bergerac. Le climat se fait presque propice à la rancœur du professeur, mais aussi des élèves entre eux.

La journée de la jupe joue sur l’état d’esprit, nous faisant passer du sourire à la peine, de la colère à la réflexion, de la comédie à la tragédie. Isabelle Adjani tiendra merveilleusement son rôle de professeur hystérique et à bout de nerfs, à tel point qu’on se demandera parfois si elle n’est pas borderline. On retrouve aussi Denis Podalydès, dans le rôle du gentil, un policier du RAID qui tente de rattraper sa femme au téléphone tout en gérant son statut de négociateur. C’est brutalement que des changements de situations surviennent dans cette mise en scène aux airs de séries américaines. La caméra est mobile, et les scènes se succèdent par une ribambelle de mouvements qui nous essoufflent. Le titre du film est la dernière revendication de l’enseignante, « Une journée où toutes les femmes pourront porter une jupe sans se faire traiter comme une pute ».

La scène finale est un très joli clin d’œil à cette revendication qui, en fin de compte, n’est pas vraiment prise au sérieux.

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