Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/02/1999
Mots-clés : critique de cinéma,
 

La Petite Fille aux crayons

La Petite Fille aux crayons
L'animation pouvait sembler singulièrement peu représentée dans la sélection de la compétition nationale de cette année, mais peut-être que de nombreux réalisateurs auront choisi de se réserver pour le festival du dessin animé et du film d'animation ? 
Cependant, parmi les quelques films projetés, figurait la Petite Fille aux crayons, à l'opposé stylistique du dernier film de Raoul Servais présenté hors compétition (une superbe œuvre où le réalisateur nous promène dans les tableaux de Delvaux), proposant une saynète en 1'39'' d'un féminisme radical.
L'animatrice, réalisatrice, scénariste, monteuse et directrice photo (oui, elle a tout fait), Laurence Demaret met en scène deux personnages, un homme et une jeune fille, accoudés au même comptoir. L'homme tente des manœuvres de séduction auxquelles la fille répond…
Sabordant ses charmes extérieurs, elle dévore des crayons qui métamorphosent son visage en une seule et atroce grimace et la rendent littéralement difforme. L'utilisation et la maîtrise de toutes les ressources du crayonnage multi-couleurs (avec une spontanéité que l'on pourrait rapprocher des travaux du génial Bill Plympton) permettent à Laurence Demaret de mettre en scène une surprenante étude de la séduction revisitée par l'absurde, et qui ne manque ni de sens ni de mordant. L'animation trash en Belgique peut enfin se conjuguer au féminin. Merci.

La Petite Fille aux crayons, 16mm, coul., 1'39''
Réal., scén., image et mont. : Laurence Demaret. Prod. : Ateliers de Production de la Cambre.

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