Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/10/1997
 

La promotion du cinéma à la télévision

La promotion du cinéma à la télévision, tel était le sujet d'une rencontre-débat organisée par le Service Général de l'Audiovisuel du Ministère de la Communauté française au Festival International du Festival Francophone de Namur. Parmi les intervenants des chaînes télévisuelles, Gérard Lovérius (directeur des programmes de la RTBF) et Yves Crasson (émission Télécinéma, RTBF), Pierre Maes (Canal +), Caroline Hamaide (Le journal du Cinéma de Canal +), Eddy De Wilde (directeur des programmes de RTL), Suzy Collard et Philippe Pierquin (télévisions communautaires). En face d'eux, trois producteurs, Hubert Toint (Saga Films), Pascal Judelewicz, (Les films de l'étang), Dominique Janne (K2), deux distributeurs , Eliane du Bois (Cinélibre), Patrick Vandenbosch (Belga films) et Philippe Reynaert (présentateur de l'émission Télécinéma et publicitaire), le tout présidé par Henry Ingberg (Secrétaire Général du Ministère de la Communauté française) qui a introduit et a conclu la rencontre. Enfin, Michel Guilbert a tenu le rôle du modérateur des débats.

L'actualité du cinéma belge promo du cinéma à la télévision
Caroline Hamaide souligne, à juste titre, la difficulté qu'il y a d’ obtenir des infos sur les tournages en cours : "c'est presque toujours le parcours du combattant !" (le signataire de ces lignes peut en témoigner). En règle générale, il n'y a pas d'attachée de presse, il faut prendre contact avec la production mais lorsqu'une équipe télé débarque sur le plateau, le planning, ayant été modifié une fois sur deux en dernière minute, elle est devenue indésirable. Pire, la plupart du temps l'équipe cinéma n'a pas été prévenue de leur arrivée et ils ont l'impression de tomber comme un cheveu dans la soupe. Mieux ou pire encore on leur propose, pour se débarrasser d'eux, de faire des interviews des acteurs. Ce qui n'a aucun intérêt puisqu'ils le font lors de la sortie du film. Ces propos, qui réactualisent en la détournant la théorie du chaudron de Freud, sont confirmés par Yves Crasson.
Lepéka keskeseksa ?L'E.P.K. (prononcez lepéka) provoque l'ire et les rires de tout le monde mais surtout des télévisions. L'Electronic Press Kit est une K7 promotionnelle (extraits de films, interviews etc.) que les producteurs ont l'obligation de faire s'ils désirent obtenir le soutien d'Eurimages. Les télés ne voient pas l'intérêt de diffuser des infos aussi peu personnalisées dont la source ne peut être vérifiée et surtout qui ressemblent plus à de la publicité déguisée et non-payante qu'à de l'information. Seul bémol, les télés communautaires qui ont si peu de moyens à leur disposition que les images fournies par l'EPK leur semblent utiles.

Promo et marketing
Les studios américains consacrent 50% du budget de la production d'un film au marketing (merchandising, promo presse, écrans publicitaires) alors que les films européens investissent 3 à 6% dans la promo d'un film. Disproportion considérable qui se traduit -- on n'en voit que trop les effets-- par une fréquentation record pour les blockbusters américains en salles et une désaffection croissante des spectateurs pour les films européens. Eliane du Bois est préoccupée par l'analphabétisme généralisé des enfants face à l'image. Celle-ci possède, comme la langue maternelle, une grammaire et des codes qu'on n'enseignent pas aux enfants. Résultat, récemment lors d'une matinée scolaire à l'Arenberg-Galeries, un enfant de neuf ans a demandé à la caissière de changer de film comme on change de programme télé à la maison. La distributrice de Cinélibre fit ensuite remarquer que les films européens ont intérêt à ne pas rivaliser avec les américains dans leur promo multimédia. Les produits sont différents, il faut donc chercher à développer l'info dans les milieux associatifs et culturels, les radios locales etc. D'ailleurs la meilleure promo reste le bouche à oreille. Propos relayés par Hubert Toint qui signale la réussite du Rêve de Gabriel, le documentaire fictionnalisé d'Anne Levy-Morelle, qui poursuit une carrière inattendue en salle et dont la promo s'est faite en dehors des circuits traditionnels (envoi massif de cartes postales, présentation-débat en présence de la réalisatrice etc.). Dominique Janne et Philippe Reynaert soulignent qu'aux USA le marketing commence très tôt dans la chaîne de fabrication d'un film. Le "concept" d'un film est dégagé dès le stade de la pré-production ce qui permet de cibler intelligemment les différents médias. Dominique Janne précise que pour Farinelli, K2 a opté pour une promotion sans " coup médiatique". Ils ont élaboré un dossier de presse de quelques trente pages donnant un maximum d'informations sur le rôle de la voix dans la musique européenne et celui des castrats dans la musique baroque du XVIIIième siècle, afin de permettre aux journalistes de faire leur travail en connaissance de cause et en toute liberté.
Dans sa conclusion Henry Ingberg se réjouit de constater que le cinéma belge se préoccupe de sa diffusion alors qu'il y a à peine cinq ans on ne se préoccupait que du montage financier des films.

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