Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Septembre 2010
07/09/2010
 

La RTBF, la Communauté Française, Arte, du blabla ?

Boris, vous avez dit Boris : aspirez au pire, ça passe et ça casse, autrement dit, la critique « subjective » cela sert à quoi, au juste ?

« Un doc qui donne juste envie de s'enfuir ». Houla ! Houlala ! Voilà le titre d'un pamphlet digne du Pan de la belle époque de jadis et naguère. Sauf qu'il est publié dans Le Soir du 20 août 2010. Splaf!
Ça démarre à toute allure. « Certains beaux esprits y verront sans doute de la poésie. On n'y a trouvé que de l'ennui ». Why not ? Il s'agit du dernier opus de Boris Lehman intitulé Histoire de mes cheveux. De la brièveté de la vie. Sapristi, pristi !

Boris Lehman - Histoire de mes cheveux

Boris Lehman n'est pas dans les supers succès éclipsés par les hyper succès du top 10. En effet, le réalisateur ne pose pas pour les couvertures glacées des magazines de cinéma, mais se retrouve (bizarre, vous avez dit bizarre ? Comme c'est étrange…), dans le collimateur d'une photo captée par Le Soir, illustrée d'une surprenante légende : « Boris Lehman, cinéaste dit expérimental, livre ici un documentaire totalement autocentré et sans beaucoup d'intérêt pour les autres ». Badaboum ! Une-deux, une-deux, plus vite Anatole, on rigole, à l'aise Blaise : « le commun des mortels n'aura sans doute, comme nous, qu'une seule envie : prendre ses jambes à son cou en se demandant comment des producteurs ont bien pu mettre de l'argent dans ce projet – on compte parmi eux Arte, la RTBF, la Communauté française ». Sonnez trompettes, battez tambour. Fascinant, palpitant, chatoyant que ce baratin du vain, sorti du coffre du populisme. Signé Pan-terre ? Pan-dort ? Pan-tomine ? ou Pan-carte, j'imagine ? Point du tout. Signé Agnès Gorissen in Le Soir.
À question hardie, réponse vive. Nous publions la réponse d’Eric Blavier, l'un de nos internautes.

Jean-Michel-Vlaeminckx


À Agnès Gorissen

Saint-Civran, le 22/8/10
Madame,
Je n'ai pas encore vu le film de Boris Lehman dont vous faites, dans Le Soir du 20 courant, la critique (« télésubjectif » p.34).
Je n'en avais pas la possibilité ce vendredi soir, hélas. Je fais, en effet, partie de ceux qui considèrent B. Lehman comme un des tout grands cinéastes européens et je ne peux donc, comme vous l'avez très bien compris, considérer votre prose que comme un torrent de vulgarité, d'ignorance et de bêtise assourdissante absolument insupportable.
Vous n'avez pas aimé le film Histoire de mes cheveux. De la brièveté de la vie, soit ! Quoi de plus légitime...
Certains des « films » de ce réalisateur ne m'ont pas plu... mais ce qui fait l'inaltérable, définitive et essentielle qualité des grands cinéastes (comme des grands peintres, écrivains,...), c'est qu'ils se coltinent avec leur projet : « faire un film » (et pas une paire de chaussettes, un steak à point,...). Boris Lehman fait partie de ceux-là, rares, qui « explorent », et cela ne se passe pas toujours, je crois, dans l'allégresse et la facilité. Ni pour le réalisateur, ni pour le spectateur; mais quoi de plus intéressant, stimulant, intrigant ?
J'aime, quant à moi, (« commun des mortels » comme vous !) voir cela.
Cette exigence, cette volonté qui peut, effectivement aboutir ou... se casser la figure; heureusement, chère Madame, il y a encore, dans notre petite Belgique, des producteurs pour « tenter » ce coup-là !!!
Donc, vous auriez pu nous parler de l'échec (possible !) du film de B. Lehman, mais votre manière de poser votre non-critique, cette façon de parler au nom des absents (si nombreux, nombreux...) qui attendent, c'est bien connu, de toujours se fendre la poire, et surtout de n'être ni dans l'ennui, ni dans la durée, me paraît totalement inconvenante et merdeuse.
Votre dérobade à l'objet que vous prétendez « critiquer », votre disqualification grossière et abritée derrière des « certains », « on », « soi-disant », « dit expérimental »...me paraît tout à fait en deçà de toute dignité critique, fut-elle la plus « subjective ».

Je vous souhaite beaucoup de bonnes choses. 

Eric Blavier

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