Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

La Semaine du Chat de Geluck

Après presque trente ans d’existence sur papier, le célèbre Chat de Philippe Geluck a pris vie derrière un écran. Le dessinateur belge a doté son gros matou d’une voix, d’un corps mobile, et l’a inscrit dans un univers loufoque et farfelu qui va de pair avec le ton de la bande dessinée d’origine. 

jaquette dvd la semaine du chatTransposer l’univers décalé du Chat, né en 1983 dans les pages du journal Le Soir, à la télévision constituait un projet pharaonique. À l’époque, Philippe Geluck était dubitatif quant à un potentiel chat animé (à la fin des années 1980, les studios Graphoui avaient déjà proposé quatre pilotes, sans suite). Seuls les idiots ne changent pas d’avis. La grande aventure débute en 2011. La série animée du Chat, La Minute du Chat, est diffusée quotidiennement sur la RTBF et sur France 2. La Une diffuse également, tous les samedis, La Semaine du Chat, un montage de 6 minutes qui reprend tous les épisodes de La Minute du Chat diffusés la semaine précédente ainsi que des sketches tournés avec des acteurs incluant Philippe Geluck. À la fin d’octobre 2012, l’ensemble de ces épisodes fait l’objet d’un double DVD incluanttous les épisodes de La Minute du Chat, tous les épisodes de La Semaine du Chat avec des sketches live et des animations additionnelles ainsi que des bonus dont le making-of de la série ou l’histoire du gros félin, de sa naissance jusqu’à nos jours.

Les adaptations de bandes dessinées au cinéma ou à la télévision sont innombrables, tantôt convaincantes, tantôt bien éloignées du médium originel. Adapter les aventures de notre gros matou belge caractérisées par leur format court relevait d’un véritable défi. Comment ne pas trahir l’humour et le ton particulier propres à cette star internationale de la bande dessinée ? Philippe Geluck et Jean Goovaerts ont misé sur l’éclectisme. Une multitude de formes se côtoient : le chat rondouillard en pâte à modeler, en animation 3D, en dessin animé, en photomontages. Certaines techniques sont plus concluantes que d’autres, mais cet hétéroclisme permet de ne pas s’embourber dans un style monotone et rébarbatif.

Chaque épisode de La Semaine du Chat s’ouvre avec un générique présentant le personnage dessiné de Philippe Geluck crayonnant son personnage fétiche. Le réalisateur sort de scène en escaladant une échelle qui mène tout droit au septième ciel et pointe son doigt sur son personnage qui prend vie. Philippe Geluck, démiurge omnipotent. Rôle assigné aux animateurs qui modèlent et malmènent leurs créatures. Le lien unissant le père et le fils est sans cesse mis en évidence dans ces nombreux épisodes et relève souvent de la franche camaraderie.

Plusieurs personnages récurrents : la bonne vieille Simone, présentatrice d’un soir entre deux vaisselles, qui se plaît à commenter niaisement les différentes apparitions du Chat; l’oncle Phil, incarné par Geluck lui-même, qui donne des conseils plus qu’avisés du type « comment savoir si la lumière du frigo s’éteint quand on le ferme ? » ; Maurice, le vieil oncle du Chat, tout droit sorti du Muppet Show qui s’endort après chaque réplique. À côté de ces interventions, le spectateur a droit à d’autres séquences comme « Si la Vénus de Milo en avait » où la Vénus aurait mieux fait d’avoir des bras pour porter des altères, par exemple, « Les emplois de demain » où Geluck trouve plusieurs solutions pour palier le chômage actuel en créant des emplois d’homme-tondeuse ou d’homme télescope, les apparitions du Cha(t)plin du cinéma muet des années 20, etc.

Pour les longues soirées d’hiver qui s’annoncent, voilà de quoi s’occuper avant un éventuel long métrage : six heures de foutoir un peu bordélique en compagnie du chat et de son univers un peu chtarbé. 

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