Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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La Vénerie, côté cinéma

La Vénerie est un centre culturel que les habitants de Watermael-Boisfort et des environs connaissent bien. Les animations scandent la vie du quartier, avec des expositions, des spectacles de théâtre, danse, musique, des ateliers, des conférences et, bien sûr, du cinéma. Nous avons rencontré Manu Dias, le responsable audiovisuel du lieu. 

Cinergie : Quel est le travail d'un Centre culturel ? Quels sont les objectifs ?
Manu Dias : La Vénerie, tout comme les 8 autres centres culturels de la Région de Bruxelles-Capitale, est un centre qui oriente son action culturelle en fonction d'un « contrat-programme ». Ce contrat est cosigné par les autorités de tutelle subsidiantes qui sont la Commune de Watermael-Boitsfort, la Fédération Wallonie-Bruxelles, et la COCOF pour la région de Bruxelles. Ce contrat est défini par l'équipe de la Vénerie et détermine les axes qui vont orienter notre action culturelle durant 4 ans. Ces axes sont les suivants : le développement communautaire, l'éducation permanente (qui s'inscrit surtout dans le cadre de la formation citoyenne par le biais de conférences), la diffusion d’œuvres d'art (que ce soit pour les arts vivants ou l'audiovisuel) et le centre d'expression et de créativité (les ateliers animés par un artiste).

C. : Vous travaillez donc d'une part en partenariat avec des associations qui vous aident dans vos tâches et, d'autre part, vous programmez vous-même des activités ?
M. D. : C'est bien ça. Nous nous orientons toutefois davantage vers le modèle du partenariat pour l'organisation des activités.Manu Diaz, responsable de l'audiovisuel à la Venerie

C. : Dans le cas des programmations cinéma, est-ce une programmation propre au Centre Culturel, ou est-ce le fruit d'un partenariat avec une association ?
M. D. : Le secteur audiovisuel est mixte pour ce qui est de la diffusion et de l'éducation permanente. Certains projets historiques ont vu le jour à peu près en même temps que la Vénerie, tels que les Cinés Apéros par exemple, dans les années 80. À cette époque, les salles de cinéma fermaient les unes après les autres, et nous nous sommes dit qu'il fallait créer une activité conviviale pour faire venir le public. Nous avons pensé à créer un petit forum local autour d'un apéro offert. L'idée était que les spectateurs de la première séance rencontrent les spectateurs qui arrivaient pour la deuxième séance. Nous proposons en même temps, au travers de la programmation, une fenêtre ouverte donnant sur la cinématographie mondiale : films récents distribués à Bruxelles, mais aussi des films « grand public » car il ne faut pas négliger cet aspect-là. Ensuite, viennent des films méritant d'être connus et diffusés, mais qui, pour des raisons telles que le manque de promotion, n'ont pas rencontré leur public. Nous donnons une deuxième chance de vie à ces films, et une seconde chance au public de les voir.

C. : Une fois votre public acquis et fidélisé, avez-vous pris le parti de leur proposer des films plus pointus, d'accès plus difficile ?
Manu Diaz, responsable de l'audiovisuel à la VenerieM. D : Le public du mercredi, du Ciné Apéro, est effectivement constitué d'une majorité de fidèles. Des gens qui mettent dans leur agenda le mercredi « Cinéma Centre Culturel » et viennent à chaque fois. Pour eux, c'est à la fois l'occasion de sortir et de rencontrer d'autres personnes, et parfois des réalisateurs. La programmation des films a acquis, au cours de ces 30 dernières années, une coloration, une ouverture. Notre objectif à travers cette programmation est de proposer un cinéma mondial au public. Nous avons la chance, à Bruxelles, de vivre dans un milieu ou les sorties de films sont très variées. Nous avons une richesse et un choix très large. Nous avons pu, au fil des années, donner naissance à une cinéphilie au sein de notre public, une envie de découverte et un sens de la curiosité. Je pense que nous pouvons vraiment nous réjouir de cela.
À côté de ces projets historiques que sont les Cinés Apéros du mercredi, les Cinés Famille, ce rendez-vous familial du samedi après-midi autour d'un film jeune public, il y a aussi notre partenariat avec Le P'tit Ciné pour la diffusion du film documentaire, avec le Centre du Film sur l'Art pour les Mardis de l'Art, mais là, on entre déjà dans le partenariat. Nous participons aussi à un groupe de solidarité internationale qui organise des Ciné-débats sur des thèmes de société : le prochain étant la question des Roms, changer notre regard sur la question Roms. Nous organisons également La Toile Filante : une série de conférences sur le cinéma assurées par Olivier Lecomte. Cela fait quelques année déjà que l'on a développé ce cycle de conférences, dont son audience accroît de saisons en saisons. 
On se rend compte d'une chose, c'est que si on propose un sujet pointu au public, par exemple actuellement, c'est un cycle de 6 conférences sur le cinéma allemand, depuis le Manifeste d'Oberhausen, en 1952, jusqu'à la réunification, le grand public peut très bien suivre un projet comme celui-ci. Il faut simplement lui montrer la pertinence de ce qu'on fait.
Le public qui assiste actuellement à ce cycle sur le cinéma allemand a été conduit-là suite à une action de sensibilisation qui a pris du temps. Il faut donner du temps au temps, comme on dit. Au départ, La Toile Filante n'était pas organisée en cycle thématique. Au départ, on a proposé au conférencier de faire un conférence sur le film du mercredi. On s'est dit que les gens seraient peut-être intéressés d'en apprendre plus sur le film qu'ils avaient vu. Puis, on a proposé ces conférences pendant toute une saison, et les gens répondaient présents. Ensuite, on s'est dit que ce serait encore plus intéressant que ce cycle permette d'avoir une vision plus large du cinéma, et on a proposé des thèmes comme la Nouvelle Vague, le cinéma de Woody Allen, etc. Ce qui nous permet aujourd'hui de proposer des thèmes comme le cinéma allemand.

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