Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Ramdam - Le Festival dérangeant

4.000 spectateurs en 2011, 6.000 en 2012, et 8.000 espérés lors de la troisième édition, qui se tient du 15 au 22 janvier : les chiffres parlent d’eux-mêmes, il faut désormais compter avec le Ramdam Festival de Tournai, dans le pourtant déjà si riche paysage cinématographique belge.

Si des villes comme Bruxelles, Charleroi, Liège, Mons et Namur bénéficient chacune de leur Festival (court ou long métrage) depuis belle lurette, Tournai et ses 70 000 habitants était, jusqu’il y a deux ans, une grande cité francophone orpheline d’un événement dédié au 7ème art, digne de ce nom. Conscients de ce manque, et désireux de proposer davantage que des cycles Art et Essai, cinq partenaires locaux (La Maison de la Culture de Tournai, Imagix, NoTélé, La Ville de Tournai et le Conseil de Développement de Wallonie Picarde) se sont unis en 2011 pour créer le Ramdam Festival avec une thématique bien spécifique du « film qui dérange ».

« Le terme Ramdam vient en fait tout simplement de Ramadan », explique Jean-Pierre Winberg, Président de l’événement et Directeur du canal local NoTélé, forcément très présent. « À la fin du Ramadam, vous savez que les Musulmans font la fête et beaucoup de bruit. Comme nous avons estimé que, dans l’histoire du cinéma, les films les plus intéressants sont ceux qui font le plus de bruit, on s’est dit qu’on pourrait initier un festival dans le genre. C’était inédit, et donc un sacré pari, surtout avec un budget dix fois moindre que le Festival d’amour de Mons, par exemple. Mais il correspond pleinement à notre volonté d’indépendance ».

Idéalement placé dans le calendrier, car premier grand événement de l’année situé avant Berlin, attractif par son thème original et soucieux de proposer un maximum d’avant-premières, le Ramdam a vécu deux très bonnes premières éditions avec, on s’en souvient, la présence d’Adrien Brody, il y a douze mois. « Frileux au départ, public et sponsors ont finalement adhéré à l’esprit et à l’ambiance. Des débats ont lieu autour des films, et nous remettons évidemment des prix », renchérit Winberg.

Poelvoorde à l’affiche

Parmi les huit films à l’affiche des salles d’Imagix qui proposeront une centaine de projections pendant huit jours, on épinglera, outre Rebelle (Kim Nguyen) qui ouvrira le festival, Broken (Reufus Norris), L’Ivresse de l’argent (Im-Sang-Soo), Une Histoire d’amour (Hélène Fillières, avec Benoît Poelvoorde) ou Después de Lucia (Michel Franco). Dans la section dédiée aux documentaires (7), seront abordés le conflit israélo-palestinien (My Land), la crise grecque (Khaos) ou l’après-génocide rwandais (Bruxelles-Kigali).

Les cinéphages seront ravis de profiter d’une section Rétrospectives (6) avec La Nuit du Chasseur (Charles Laughton), Le Bonheur (Agnès Varda) ou La Merditude des choses (Félix Van Groeningen). Par ailleurs, la maison culturelle d’Ath accueillera une soirée de courts métrages « qui dérangent ».

Amorcé il y a quelques semaines par sa traditionnelle pré-soirée et la diffusion, en primeur nationale, d’Au nom du fils de Vincent Lannoo - qui a fait salle comble -, le Ramdam envisage donc de continuer à faire son trou en Belgique et en Wallonie Picarde, région incluant, pour rappel, des villes comme Courtrai et Lille. « Notre potentiel-public est immense, on peut donc encore grandir. Des médias commencent même à venir de l’étranger. Et déjà, on ressent une attente de la part du public, comme si le Ramdam était déjà un passage obligé ! », conclut Winberg.

 

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