Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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avril 2007

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05/04/2007
 

Le Goût du Koumiz de Xavier Christiaens

Xavier Christiaens est un rêveur, un voyageur patient, attentif à la beauté du monde qui l'entoure. D'un voyage au Kazakhstan et au Kirghizstan, il ramène d’incroyables images à partir desquelles il compose, à son rythme, un conte imaginaire.
Kolia tente de rassembler sensations et souvenirs de son enfance. Mais sa mémoire, suturée au fer rouge, bute contre un mur… Jusqu’à ce que, découvrant le lieu de déportation de son père, il se forge un autre avenir…
Un homme qui quitte ses montagnes natales pour gagner la ville, miroir aux alouettes où l'enfant semble avoir brûlé ses ailes... Comme les insectes qui se cognent à la fenêtre du wagon. Projetées contre le mur d’un appartement en ville, nous voyons les images d’un camp de nomades dans les montagnes noires où les bergers sont en pleine migration.

C’est ici l’atmosphère qui donne son sens à la narration, sa lenteur extrême reflétant la sensation d’un temps arrêté, figé. Il s’agit d’un film sur la nostalgie d’un monde qui n’existe (presque) plus, condamné à disparaître : le monde des nomades. Une nostalgie visible partout : sur les corps, les visages, les paysages, la musique...
Visuellement, le film risque de choquer, voire de rebuter par ses partis pris esthétiques extrêmes : une succession d’images énigmatiques assemblées de manière purement intuitive et semblant sortir tout droit d’une hallucination.
En fait, des images vidéo fortement contrastées converties en noir et blanc.  Il serait pourtant dommage de passer à côté d’un cinéaste belge doté d’un véritable point de vue et d’un projet esthétique, aussi austère soit-il...
Car malgré cette austérité permanente, jusque dans la narration, truffée de sentences  aussi définitives que « Le ver se recroqueville quand on le piétine. Et c’est une grande sagesse. », « L’honneur n’est pas une chose qui se ramasse » ou encore « Dans la montagne, on ne se déplace jamais sans un but », l’émotion arrive parfois à pointer son nez devant la promesse d’une fin inéluctable pour ce monde condamné.

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