Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/10/2005
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Le Parfum de la dame en noir de Bruno Podalydès

Après avoir résolu le mystère de la chambre jaune- cette chambre fermée de l’intérieur, dans laquelle Mathilde avait fait l’objet d’une tentative d’assassinat et d’où l’assassin n’aurait logiquement pu entrer ou sortir- le fameux reporter, Joseph Rouletabille se colle à la résolution d’une nouvelle énigme, aux abords tout aussi dédaléen.
Bruno Podalydès a choisi de réaliser le deuxième roman de Gaston Leroux Le Parfum de la dame en noir avec la même fine recette que celle utilisée pour traiter son roman précédent (Le Mystère de la chambre jaune).
C’est avec plaisir, donc, qu’on retrouve la même galerie de personnages décalés et atypiques à souhait, évoluant dans un univers truculent et quelque peu désuet.
Bien que, pour ce nouvel épisode des aventures du reporter, Podalydès ait redoublé d’efforts pour bercer le spectateur dans un univers onirique, il renforce l’aspect fantasque qui se dégage de chacun de ses personnages en soulignant leurs traits facétieux jusqu’à atteindre le burlesque sans jamais tomber dans le ridicule…ou presque (si l’on pense à l’horrible barbe dont il a affublé Olivier Gourmet).
Non, le film fonctionne comme une drôle de machine bien huilée par les multiples références au fantastique et à la magie qui dénotent avec l’épisode précédent. L’ombre maléfique du magicien Larsan, interprété ici par Pierre Arditi, plane sur tout le film ; un personnage tout droit repris de la BD Mandrake le magicien (lecture privilégiée de Resnais étant jeune) :
“Larsan, c’est l’homme aux mille visages. Ballmeyer, Naja Bey l’immortel, le fakir, le magicien, l’illusionniste, le simulateur, l’escroc du grand monde… Il a cette faculté de devenir homme ou femme à volonté. Dans Le Parfum de la Dame en Noir, il y a un peu de Larsan dans tous les personnages. Son ombre maléfique se glisse partout. Il a en lui une noirceur romantique”.
C’est ainsi qu’Arditi décrit son personnage dont la mort et la soudaine réapparition attirera toute l’attention des protagonistes et particulièrement de Rouletabille qui se trouve être lié à Larsan d’une manière quelque peu inattendue... Car le retour de Larsan, toujours attiré par le parfum de la dame en noir (gracieusement interprétée par Sabine Azéma), risque de chambouler le nouvel équilibre qui s’est mis en place entre elle et cet homme avec qui elle s’est remariée. De quelle manière le malfaisant magicien va-t-il réapparaître et comment l’en empêcher sont les questions cruciales qui vont tarauder l’esprit de Rouletabille et de son fidèle compagnon Sinclair.
Trait typique des romans à suspense du début du 20ème siècle, les clefs du mystère sont conservées tout au long du film et ne sont dévoilées qu’à la fin, avec plus ou moins grand éclat. Dans Le Mystère de la chambre jaune, Gaston Ledoux nous avait déjà réservé une énigme dont les dédales requerraient un dénouement pour le moins fastidieux et passionnant. Dans ce second mystère, l’issue se révèle tout aussi complexe et prenante. D’ailleurs, le réalisateur s’en sort encore une fois très bien pour mettre à plat le nœud de l’intrigue. Les éléments les plus invraisemblables de l’intrigue laissés en suspens dans la tête des spectateurs sont vite éclaircis, et, s’enchaînent d’une manière fluide qui ne laissera pas le spectateur indifférent.

 

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