Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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décembre 2009

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04/12/2009
Mots-clés : prix des lycéens
 

Leçon de cinéma belge

Abel et GordonDonner envie aux jeunes Belges de découvrir leur cinéma est un grand sujet de préoccupation pour le monde de l'audiovisuel en Belgique.
Une des solutions imaginées pour remédier au problème, a été prise par la cellule Culture-Enseignement de la Communauté Française, en créant le Prix des Lycéens.
Les lycéens de 5ème et 6ème humanités sont amenés à élire leur préférence parmi cinq films belges francophones proposés une année sur deux, l'autre année étant consacrée à la littérature.
Les titres choisis par un comité de sélection pour cette année dédiée au cinéma sont Rumba d'Abel et G, Eldorado de Bouli Lanners, Home d'Ursula Meier,le Silence de Lorna des frères Dardenne et Sœur Sourire de Stijn Coninx.

Chaque professeur est libre d'organiser le déroulement du concours comme il le souhaite. Il peut également inviter réalisateurs et comédiens.
Le concours existe, entre autres, grâce à des professeurs motivés qui ont comme priorité de faire découvrir, à la jeune génération, un cinéma différent de ce qu'elle a l'habitude de voir.

Maria Pinto, professeur de français à l'Athénée royal Uccle II, fait partie de ces pédagogues enthousiastes, et participe, chaque année depuis 5 ans, au Prix des Lycéens, aussi bien en littérature qu'en cinéma. Pour elle, il est important qu'une éducation culturelle nationale soit présente dans les écoles. Les élèves sont en général très enthousiastes à l'idée de participer à ce concours, et les quelques réticences viennent de la crainte que cela provoque une surcharge de travail.

Maria Pintova voir les films avec ses élèves, leur fait répondre à une série de questions, et les laisse libres ensuite d'exprimer leur créativité, que ce soit à travers une aquarelle, une bande dessinée ou un poème.

Cette année, les réalisateurs et acteurs du film Rumba, Dominique Abel et Fiona Gordon ont rencontré les étudiants de 6ème humanité. Une rencontre placée sous le signe de la bonne humeur et du grand intérêt que les élèves ont témoigné vis à vis de ce film et de ses réalisateurs.

Nous avons assisté à cet événement, et nous avons été curieux de discuter avec Maria Pinto.

Cinergie : Comment avez-vous pris connaissance du concours du Prix des Lycéens et pourquoi y participez-vous ?
Abel, gordon et des lycéensMaria Pinto : Je l'ai découvert par le biais des journées de formation de français. Je crois que pour les élèves, c'est une excellente expérience. D'abord, pour découvrir le patrimoine belge, que ce soit pour la littérature ou le cinéma, et ensuite, pour exprimer leur créativité et rencontrer des auteurs de chez nous. Pour eux, c'est une occasion de s'ouvrir à une culture autre que celle de consommation qui leur est habituellement proposée. Si l’école ne le faisait pas, ils ne se rendraient jamais compte que le cinéma belge existe. En 5ème, nous voyons des films belges dans le cadre d'étude des différents courants artistiques. Les élèves sont toujours très étonnés et intrigués. Une fois le film décortiqué, ils adorent. Parce que le cinéma belge est souvent beaucoup plus riche au niveau du sens que les histoires d'amour ou les films de guerre qu’ils voient généralement.

C. : Remarquez-vous un plus grand intérêt auprès de vos élèves pour le cinéma belge ?
M. P. : D'habitude, ils se contentent des productions commerciales du cinéma américain. Grâce au Prix des Lycéens, ils prennent conscience de la richesse du cinéma belge. C'est la porte d'entrée vers de nouvelles explorations.

C. : Avez-vous préparé avec vos élèves le débat avec les réalisateurs ?
M. P. : On a d'abord parlé du film entre nous. Ensuite, chacun a préparé librement et individuellement ses questions. Pour eux, je crois qu'il est capital que l'école continue à participer à des concours,  à recevoir des écrivains, des réalisateurs.

C. : Par rapport aux personnes que vous invitez, il n'y a pas trop de problème pour les faire venir ?
M. P. : Les réalisateurs sont plus difficiles à faire venir que les écrivains. Ce qui est normal car ils sont souvent en tournage, et parfois à l'étranger. Abel et Gordon ont répondu très rapidement à ma demande.

Grâce au Prix des lycéens et des professeurs comme Maria Pinto, on peut découvrir une nouvelle passion dans les yeux des élèves friands d'en découvrir plus sur ce cinéma mystérieux pourtant si près d'eux.

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