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Les Enfants terribles, première édition d'un festival déjà vieux de plus d'un demi-siècle

Le premier geste en entrant au bureau, après une halte pour lancer la cafetière, c'est d'appuyer sur le bouton On de l'ordinateur. Le temps que la machine chauffe, la boîte mail est enfin disponible. Un nettoyage s'impose. Parmi les messages retenus, il y a ceux qu'il faut traiter rapidement, et ceux qui attendront la fin de la journée. Parmi la seconde catégorie, je laisse un courriel signé Justine Montagner, les Enfants terribles, qui repointe son nez. Festival européen des premières œuvres... Encore un festival ! Et où a-t-il lieu ? À Flagey, au Bota, au Vendôme, au Nova, dans un centre culturel, à la Maison de la Culture de Namur ou alors à La Sauvenière de Liège ? Peut-être à Mons, qui sera bientôt capitale de la culture ? Que nenni, il s'agit de Huy ! 

affiche du Festival du Les enfants terriblesIl est vrai qu'il y avait bien un festival de films de fin d'études avant que le Centre du cinéma lui retire sa petite subvention (8.000 €, je crois). C'est bien cela. Les Enfants terribles, c'est le FIDEC (le Festival International de Films de fin d'études) ressuscité. Trois jeunes femmes sont à la barre : Justine, Émilie et Anne. Autour d'elles, une pléiade de bénévoles (en fait, elles le sont aussi) : projectionniste, accueil, présentateurs et présentatrices, etc... Mais d'où sortent tous ces jeunes ? On dirait que tout ce que Huy et les environs compte de jeunes gens y est impliqué. Moi qui avais entendu dire que ce festival rassemblait uniquement les apprentis cinéastes programmés qui s'offraient le plaisir de voir leurs œuvres sur grand écran, mais que, mise à part cette satisfaction hédoniste, toute cette énergie ne touchait pas grand-monde !
Tout ça, je l'ai constaté sur place, car, oui, j'ai fait le déplacement… Deux heures de train à l'aller et deux autres pour le retour. Soyons honnête, j'ai été invitée à y passer la nuit. Condition : voir les 28 films en compétition, soit 4 séances de projection, soit près de 8 heures de vision... Dans ce magma d'images et de son, quelques perles surgissent, des films étonnants, et certains moins intéressants. Le choix s'annonce difficile !

Je rencontre enfin cette Justine et sa sœur Emilie (Montagner) ainsi qu’Anne (Wathelet) et le projectionniste (Romain Assenat ou Alain Clément ?, je ne sais plus lequel des deux), le jury officiel, mes collègues de la presse, des jeunes encore assis sur les bancs de l'école supérieure de communication de Liège, ainsi que quelques réalisateurs qui ont fait le déplacement (dont Kari, un Finlandais). Tout ce monde est avide de confronter sa conception du cinéma, ses critères cinéphiliques et son plaisir de la découverte sur grand écran ! Salle pleine lors de la remise des Prix. À la séance précédente, il y eut la projection de Finir en beauté, une réalisation d'un jeune issu de la région, Vincent Smitz. Madame Quinet s'est même rappelé que son fils, producteur de renommée internationale, était revenu dans sa ville natale, il y a quelques années, pour susciter les vocations dans le 7e art auprès des étudiants de fin de secondaire et avait remarqué ce jeune homme.
De retour à Bruxelles, après une escapade dans les rues tortueuses aux pavés irréguliers du centre-ville, je partage mon enthousiasme sur cet événement et surtout mon étonnement d'avoir découvert des créations exceptionnelles. André Joassin, programmateur du Studio 5 de Flagey/Cinematek, m'explique que ce festival puise ses racines dans le cloître du couvent des Frères Mineurs où se tenait un festival au nom régulièrement changeant : tour à tour, film amateur, cinéma indépendant, films en super 8 ou de fin d'études. Bref, la tradition de donner un écran aux amateurs de cinéma, créateurs et spectateurs, remonte à plus d'un demi-siècle dans cette ville du Condroz. Et nous espérons, pour les habitants de Huy et de ses environs, que cela durera encore autant. 

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