Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2003
 

Les hommes de ma vie de Karine de Villers

Les hommes de ma vie

Le prince charmant, quel est donc cet olibrius qui hante les fantasmes féminins. Un analyste vous dira, avec quelque prudence, que c'est l'homme qui fait d'une jeune fille une femme, c'est-à-dire l'égale de la mère dans le rapport de séduction au père. Nous nous égarons ? Peut-être. A la façon de la jeune femme étendue sur le divan d'un psychanalyste dans Les Hommes de ma vie de Karine de Villers et qui parlent des hommes apparaissant et disparaissant dans sa vie sans laisser d'autres traces que leur absence de concordance avec l'homme idéal. Jadis Lacan fit quelque bruit en prétendant que La Femme n'existe pas. On peut en dire autant de L'Homme. L'idéal reste désincarné. Et la jeune femme (interprétée avec beaucoup de justesse par Anne-Cécile Vandalem) a beau s'exclamer : « Moi, j'en veux pas des milliers, juste un, mais le bon ». En champion de tennis de l'inconscient, le psychanalyste (Patrick Descamps) prend la balle au bond (sans jeu de mots) et réplique : « Le bon ou un bon » ? La jeune fille précise son désir : « Un bon parce que le bon, je ne suis pas sûre qu'il y en ait qu'un »

Le film de Karine de Villers est rapide comme le tango dont le rythme structure le film et dans lequel le travelling domine (beau travail à l'image de Diego Martinez Vignatti). La séance thérapeutique entre le psy et la jeune femme étant sans cesse ponctuée de plans issus de l'imaginaire de celle-ci, ainsi que de ses souvenirs voire de ses fantasmes. D'où le ton primesautier d'un récit qui traite d'un sujet éternel : les relations entre les hommes et les femmes (la guerre des sexes diront certains). La jeune femme nous offrant un défilé d'hommes (issus de son passé) qui n'ont rien de très sexy. Heureusement, elle s'en libère en ouvrant les battants de la fenêtre, enjambant celle-ci, quittant le cabinet du psy et son discours de victime pour s'ouvrir à la réalité au risque de se perdre (la vie étant imprévisible) et peut-être de trouver des moments de bonheur avec un homme. Un film tourbillonnant comme le tango sur lequel il se termine.

commentaires propulsé par Disqus