Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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juin 2007
07/06/2007
 

Les Missions impossibles d’une débutante à Cannes par Gaëtane Mangez

Le compte à rebours est lancé. J’ai 5 jours pour impressionner les copines à coups de « j’ai vu untel », 5 jours pour jouer la cinéphile, faire le plein d’images mais aussi pourquoi pas, pour profiter du luxe des soirées cannoises, et fouler le fameux tapis rouge. Mes armes : une accréditation, une robe de soirée et des chaussures à talons.
Les projections s’enchaînent. J’atteins un nouveau record de 3 films en une journée. Stellet Licht est pour moi d’une opacité totale. Lorsqu’un critique québécois à côté de moi crie au génie, je commence à remettre en question mes appréciations. Je participe avec enthousiasme aux applaudissements pour Persepolis, me détend avec plaisir devant Et toi t’es sur qui ?, et finis par m’endormir un peu devant un film asiatique dont j’ai oublié le nom.

Trivial Poursuit
A la sortie des films, on échange les impressions. Moi, je le fais timidement car il me semble qu’à chaque conversation entre professionnels du cinéma se dispute un véritable Trivial Poursuit. On puise dans ses souvenirs de vieux noms du cinéma, on cite, on compare, on place subtilement une réplique de film dans la conversation. L’interlocuteur en face a toujours l’air d’acquiescer. Lui arrive-t-il de faire semblant ? Ou tous les films du monde et de l’histoire du cinéma sont-ils « supposés connus » ? Mon impression tourne à l’obsession. Cannes grouille de cinéphiles dont je dois me méfier à tout prix. La moindre conversation peut me coûter ma crédibilité. Mais comment font-ils pour tout savoir ?

J’ai vu…

Une file d’attente avant un film coïncide avec la sortie de conférence de presse de Brad Pitt, suivi par son ami George. Je dégaine l’appareil photo et voilà une autre mission brillamment accomplie. Dans ma lancée, je décide de goûter au faste cannois. Au bout d’une après-midi de négociation, je finis par obtenir deux places pour une soirée sur la plage du Majestic. Le lieu est impressionnant : un énorme plancher couvre une partie de la plage, prolongé par une jetée couverte et illuminée. On trinque au luxe.

Tapis rouge
C’était moins une : pour mon dernier soir, je monte les marches ! Un dernier film avant de partir : Les chansons d’amour clôturent mon séjour en beauté. Je suis séduite et encore pleine d’émotion lorsqu’une journaliste soupire du plus fort qu’elle peut. « C’est gnangnan ! ». Cette fois, je ne me laisse pas déstabiliser. La rencontre avec les pros du cinéma me l’a bien fait ressentir : ma sensibilité est pour l’instant le moyen le plus efficace pour moi d’apprécier le cinéma.

 

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