Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/09/1998
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Les Mutants de Teresa Villaverde

Raikems à Lisbonne
Les Mutants de Teresa Villaverde Côté fiction, les Mutants de la Portugaise Villaverde offre un regard plein d'humanité sur quelques gavroches de Lisbonne, oscillant entre les centres fermés d'où ils fuguent avec une déroutante facilité et une constance louable, et la rue où ils zonent et voyoutent plus ou moins, désespérément à la recherche d'un peu d'attention pour comprendre comment grandir. Comme la plupart des cinéastes portugais, Teresa Villaverde a cette manière impressionniste d'appréhender patiemment le réel par petites touches successives. Le rythme de son film est celui de cette patiente perception servie par une caméra inquisitrice aux mouvements soigneusement dosés dans le temps et l'espace. Des images qui explosent parfois en paroxysme d'émotions. Car on joue davantage sur les émotions que sur la raison pour servir le message du film, qui est le cri emblématique de cette fin de siècle : "No Place for Me". Quel autre sort que cette errance marginale, amorale et sauvage peut-il être réservé à ceux dont la seule promesse d'avenir est un "foyer" aux murs fermés ? Le film n'est pas exempt d'une certaine complaisance voyeuriste (l'accouchement d'Andreia dans les toilettes d'une station service est une scène à la limite du supportable par sa longueur et sa crudité) mais a le mérite d'aborder de front le problème de notre responsabilité individuelle et de la démission collective face au destin fracassé de ces gosses perdus.

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