Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
22/10/2013
 

Liège web fest

Les feuilles commencent à tomber sur les pavés de la cité ardente. L’odeur des lacquemants enivre les passants. Les coteaux s’illuminent. L’automne est là. Tout est fin prêt pour accueillir la première édition du web fest liégeois. Du quoi? Du web fest ! Pour les moins branchés, il s’agit, en fait, d’un festival consacré aux web-séries et aux web créations. À ne pas confondre avec l’Oktoberfest, bien entendu. Au passage, Liège est la 6e ville au monde à accueillir ce genre d’événement après Marseille, Hong Kong, Los Angeles, Melbourne et Rome. La classe.

Après avoir assisté à la 2e édition du Marseille Web fest, Jeff Bertemes et Julien Hockers, deux jeunes baroudeurs que rien n’arrête, décident de ramener un petit souvenir de la cité phocéenne – pas de bouillabaisse pour cette fois mais bien l’idée d’un nouveau festival. En partenariat avec Marine Haverland (Aura Films) et à l’initiative de la collaboration « Ville de Liège »/ « Marseille – Provence 2013 », le festival ne sera pas juste une illusion.
Festival d’une journée, plus que bien remplie, avec au programme : un ensemble de conférences pour les étudiants, les professionnels et les néophytes ainsi qu’une soirée de projections avec des œuvres issues de la Fédération Wallonie – Bruxelles et une sélection de web-séries internationales du palmarès marseillais.
L’après-midi était donc plutôt studieuse et remplie de causeries assez intéressantes sur la production et la diffusion des web-séries et des web créations. Débats animés par des professionnels belges et étrangers de l’audiovisuel, du transmédia et des arts numériques. Introduction au crowdfunding par les créateurs de KissKissBankBank. Plusieurs présentations de projets et de leur diffusion avec, notamment, une web-série de Thomas Kimmerlin et de Marc Lustigman, Un été avec les kids de Larry Clark. L’idée était de suivre les jeunes acteurs du prochain film du réalisateur américain, The smell of us, pendant le tournage à Paris. Contrainte de temps puisque le web réalisateur devait diffuser en temps réel les épisodes de la série sur le site d’ARTE Creative.

Même si ce mode de production est encore à l’état de balbutiement, les questions de diffusion et de financement qu’il engendre ne sont peut-être pas si incroyables finalement. Faisons un bond en arrière, à l’époque où l’art vidéo était en plein essor, une ère où les vidéastes s’en donnaient à cœur joie, expérimentaient dans une anarchie joyeuse. Les préoccupations liées au financement, à la diffusion de l’art vidéo sont fondamentalement les mêmes que celles des web créateurs aujourd’hui.
Quant aux projections, elles offraient un large panorama des productions de notre plat pays qui circulent aujourd’hui sur internet. Définir cette production est une gageure. Il y en a pour tous les goûts : du documentaire transmédia grand public, Le Prince Charmant, de la RTBF (prix de la meilleure webcréation) au documentaire social Bénévoles (mention spéciale du jury) mettant en scène des marginaux issus de la cafétéria sociale « Amon nos hôtes » à Liège, en passant par les web-séries Typique (prix du public) ou Eurobubble (prix de la meilleure web-série) – qui n’ont rien à envier aux sitcoms d’AB Productions.

Le phénomène de la webcréation est donc à surveiller de près. Elle s’insinue partout, quotidiennement, et pas seulement sur internet. La télévision, la radio, la presse écrite s’en emparent joyeusement. L’idée d’un festival, dont la première édition a fait des adeptes, est donc un premier pas vers une réelle institutionnalisation de ce mode de production. Phénomène de mode ou nouveau mode d’expression à part entière ? Seul l’avenir nous le dira.

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