Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/06/2002
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Mamaman de Iao Lethem

Julie est une grande adolescente comme on en rencontre gaiement dans les cours d'école. Pleine de rêves dans la tête, elle pense aux garçons, à l'amour, à l'évasion, de temps à autre à son violoncelle... Finalement elle n'a que peu de place pour les considérations rationnelles des adultes empreintes d'interdictions, de contraintes que l'on aimerait envoyer balader ailleurs. Une sèche au déjeuner... la tête dans le vague... Julie s'en sort plutôt bien. Au contraire de sa mère qui est totalement perdue et ne sait plus à quel saint se vouer. Veuve, elle ne peut que penser que, Julie, c'est vraiment tout ce que son mec lui a laissé , en d'autres mots : les emmerdes !

Dans ce petit monde-là, les pensées les plus sournoises, les rêves les plus fous, les paroles qu'en général on regrette sitôt prononcées, prennent normalement un sens éphémère et tout rentre dans l'ordre. Ce que j'ai adoré, c'est qu'ici justement ce n'est pas du tout le cas. Les mots se prennent à être de vrais mots, avec leur sens tout réel, sorti tout droit du dictionnaire avec ce que cela suppose de poids et de non-retour. « T'as qu'à vivre ta vie » lance Julie à sa mère.

Il y a ainsi quelques phrases assassines qui parsèment le film mais naturellement je ne vous les dévoile pas. Et puis l'amour-haine que se partagent ces deux femmes les amènent où elles ne pensaient probablement pas, voire certainement pas, arriver.

En fait ce film pourrait être classique à travers le thème qu'il aborde mais il est rare dans ce qu'il nous raconte réellement. A l'approche du sortir du nid, laquelle de la mère ou de la fille devra faire son deuil de l'autre ?

Dessins de Gwendoline Clossais

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