Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/10/2001
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Marche Arrière

Aïe, la petite fiction en 7'20' qui fait mouche! Un scénario cynique et pince-sans-rire aussi simple que bien découpé, un film tourné et joué avec maîtrise et, cerise devenue rare sur les gâteaux de ces temps, un humour qui fait " klong " en se payant même le temps d'un clin d'oeil référentiel bien à sa place.
Mais comment présenter de manière plus précise un de ces trop rares courts-ovnis sans déflorer ses principaux atouts et encore moins les recettes, ficelles et autres moyens utilisés pour tourner sur des billes ? De plus, le film pétille d'un esprit (de l'écriture au montage final) qui ajoute encore à ses qualités générales (en clair, le boulot est bon même si ça n'a pas dû être facile de tourner entre les fous rires). L'histoire est forcément courte mais sachez qu'il y est question de la première visite qu'Harry, la vingtaine, doit rendre un dimanche à ses beaux-parents. Des personnes que l'on devine respectables et portés sur l'étiquette au point où le port de la cravate s'impose de lui-même.
Pas évident du tout un dimanche quand on en possède pas et que surtout cette très chère Patrizia insiste... Pour une fois, ce n'est pas dans les habituels films de genre, fantastiques ou gore ni dans les polars sanglants et acrobatiques se référant à John Woo ou tel autre Tarantino ni ailleurs que le réalisateur aura été chercher son inspiration, mais dans le cinéma tout simplement, autres court métrages compris... Tirer parti des avantages et des exigences du métrage court, fallait y penser, une fois.
Néanmoins, plutôt que de surprendre, Marche Arrière peut aussi choquer parce que livré sans les dentelles tamisantes (et encore moins de mouchoirs), l'absence de place pour l'émotion, les sentiments et le cortège de conséquences qu'impliquent les situations mises en place, le film ayant déjà quitté l'écran, le réalisateur et son équipe se marrent encore tandis que nous spectateurs jubilons ou encaissons.
Vous voilà prévenus et les ciseaux de la censure bien impuissants devant l'état de fait et renvoyés à leurs quartiers. À vous de voir ou pas maintenant ! Film garanti sans épanchements de sang, nudité, propos obscènes ou subversifs. Tourné dans le plus strict respect des animaux et de l'environnement et au fond tant pis pour les garçons qui n'écoutent pas leur maman.

Marche Arrière
Fiction, 7'20
Réal.: Laurent Montastruc. Scén.: Laurent Montastruc et Diego Van Houtte, sur une idée origninale de Marc Schaus. Ass. réal.: Rasfaella Raschella. Cont.: Nathalie Robert. Photo : Jeff Kieffer. Cadre : Daniel Péroni. Son. et mix. : Tal Agam, Olivier Mottard et Bruno Desguin. Mus. : Laurent Montastruc. Prod. : IAD et Bruno Pons. Int.: D.Van Houtte, J. Deseure et M.Baran.

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