Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/11/2000
Mots-clés : rencontre,
 

Marie-France Dupagne

 En gros plan, que ce soit de face ou de profil, elle évite les projecteurs, préférant être une femme de l'ombre dans le monde des feux de la rampe du cinéma. Paradoxe? Pas vraiment. Marie-France Dupagne commence par se passionner pour la littérature. L'année scolaire terminée, elle se rue sur les livres comme le chat sur les souris et lit un livre par jour pendant les vacances. C'est décidé : elle veut noircir du papier pour laisser libre cours à son imagination. Mais le destin frappe ses trois coups. Elle a huit ans, ses parents l'empêchent d'aller au cinéma avec ses petits copains du quartier de Namur où elle réside.
Comme tout ce qui est interdit, le cinéma devient un puissant moteur de séduction et elle devient peu à peu une habituée des salles obscures.
Pour combiner ses deux passions, l'écriture et l'image, elle suit une licence en Histoire de l'Art à Louvain-la Neuve. Sitôt terminé son mémoire intitulé "Jean-Luc Godard, peintre et cinéaste", elle s'inscrit à l'IAD. Elle y découvre comment traiter l'image, le son, le montage, et le monde fascinant des tournages.
L'ELICIT se crée à l'ULB, Marie-France, qui n'a pas abandonné sa passion de l'écriture scénaristique, s'y inscrit. Elle se retrouve comme un poisson dans l'eau, entre deux pôles contradictoires mais symétriques : l'univers de Jean-Marie Buchet tourné vers les choses concrètes de la vie et celui de Marc Gheens pour lequel l'imaginaire se mélange à la réalité. En 1987, travaillant pour le quotidien du Festival de Bruxelles, elle rencontre Manu Bonmariage avec lequel elle écrit le scénario d'un court métrage. Manu tourne l'année suivante Babylone, un long métrage de fiction et demande à Marie-France d'en être l'attachée de presse. Elle accepte le job, découvre le métier sur un tournage convivial et une presse dont la diversité des informations demandées coïncide à la ligne éditoriale de chaque titre (chacun d'eux a une spécificité politique et artistique singulière).
Dès lors, elle va partager son temps d'attachée de presse entre deux activités : les tournages et les Festivals de Namur (depuis 1988), de Bruxelles (depuis 1994), du Fantastique (depuis 1999), sans compter une activité de critique de films dans "Grand Angle", "Trends-Tendance" et "Pour le cinéma belge". De ce cinéma-là, parlons-en : " Les auteurs ont une forte personnalité chez nous, ce qui n'est pas le cas de toutes les cinématographies. En Belgique, chaque film à une personnalité, a une âme, peut-être parce que c'est tellement dur de réaliser un film ici. Il y a donc de la volonté, de la motivation. Les gens s'investissent, se passionnent. Ils y croient, ne comptent pas leurs heures. Ainsi sur Les convoyeurs attendent, on avait l'impression de voir travailler une bande de copains s'amusant dix heures par jour ".
Surbookée, Marie-France continue d'écrire des scénarii entre cinq et six heures du matin, nous précise-t-elle, en souriant modestement. Mais pour le moment, malgré le tournage des Monos de Luc Boland et la préparation du Festival de Bruxelles en janvier 2001, elle écrit L"e Voyageur", un roman dont elle espère tirer un scénario qu'un réalisateur mettra en images. C'est tout le mal qu'on lui souhaite.

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