Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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janvier 2008
01/01/2008
 

Martine Doyen et la sortie de Komma en DVD

En complément de son entretien dans notre numéro, rubrique Ecran cinéma, attardons-nous sur l’édition en DVD par Cinéart du premier long-métrage de Martine Doyen, Komma.

Pour ce qui est est de commenter le film, la réalisatrice s’en charge elle-même, à le fois dans nos pages, mais aussi dans un commentaire audio disponible en bonus et très instructif. Non seulement la réalisatrice livre ses secrets de fabrications et quelques anecdotes de tournage, mais elle s’y montre d’un grande franchise, détaillant les imperfections de son oeuvre, ses déceptions et hésitations, bref une vraie entrée dans l’âme tortueuse d’une artiste, ce qui nous change des monologues ronflants et de l’autocongratulation auxquels se résume souvent l’exercice.

Pour explorer cette fois le parcours du produit fini, on écoutera un entretien entre Olivier Père, le directeur artistique de la Quinzaine des Réalisateurs à Cannes, où le film fut présenté, et la réalisatrice. Diffusé à l’origine sur Radio France, le document est pertinemment illustrés de photos de tournage ou de la présentation cannoise.

Pour conclure sur Komma, saluons l’excellente qualité de la copie proposée, qui nous laisse tout le confort nécessaire pour observer la prestation hypnotique d’Arno.

On regrette que cette qualité ne soit pas au rendez-vous sur les deux courts-métrages qui complètent la galette. Image fatiguée et son assourdi, sans doute du à des copies originales endommagées. Il n’en reste pas moins que ces deux films font plus que remplir l’espace, ils offrent un véritable nouveau regard sur Komma car on y voit se construire les thèmes qui y sont exploités. Herman le gangster (1994), met en scène un tueur à gage sans identité en dehors de sa profession, qui tombe amoureux d’une prostituée, soit l’archétype de la femme-objet. Si Herman essaie de se construire une situation, par le biais de la vie de couple, sa dulcinée ne l’entend hélas pas de cette oreille. Intéressant parallèle avec le personnage campé par Arno dans Komma, amnésique et ressuscité dans une morgue, qui cherche lui aussi à se bâtir une existence au contact, souvent dur, des autres humains. Et mêmes fins tragiques.

Noël au balcon est le portrait déstructuré d’une famille disfonctionnelle, une lutte d'ego qui rompt avec le ton de Komma par son déferlement d’énergies (négatives), mais le rejoint ans ses accès d’onirisme.

La principal surprise de ces courts-métrages tient dans la mise-en-scène, radicalement différente de celle du long. Ici pas ou peu de caméra à l’épaule, des cadres plus construits mais plus traditionnels, une photographie plus chaude. En visionnant ces oeuvres à la suite on assiste à l’évolution d’une artiste, à la gestation et aux tâtonnements d’un même élan communicatif par le biais du septième art.

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