Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/12/2004
Mots-clés : festival, media 10/10,
 

Media 10/10

Depuis 30 ans maintenant, tous les ans, Media 10/10 secoue le cocotier du court métrage en Communauté française de Belgique. Pendant longtemps, il fut même chez nous le seul festival qui lui était entièrement dédié. D'autres aujourd'hui partagent le flambeau, à Bruxelles, Huy, Gand Louvain, Arlon, Rixensart,... mais Media 10/10 garde son âme.
A la Maison de la Culture de Namur, c'est une passion, une convivialité unique qui, tous les ans, unit les spectateurs, les officiels, les jurés, les organisateurs aux cinéastes, scénaristes, producteurs, techniciens d'aujourd'hui et de demain.
Le week-end du 18 au 21 novembre, ils se sont tous retrouvés autour d'une sélection officielle de 55 courts-métrages. Outre cette compétition, le public était convié à quelques juteuses séances spéciales de courts films du Mexique, du Québec, de Flandre, ainsi qu'à des courts métrages musicaux et des films pour enfants. Marceau Verhaeghe, qui nous représentait également au sein du jury de la presse, analyse le palmarès et vous parle de quelques coups de coeur.
De la fiction, de l'animation, du documentaire, des films d'études, des oeuvres de cinéastes confirmés, des productions artisanales, des films d'auteur, des films expérimentaux, le travail de maisons de production bien établies: la sélection rigoureuse des organisateurs (55 films retenus sur plus de 300 présentés),soigneusement pesée, reflétait les différentes tendances de la production belge francophone de l'année. Le cinéma d'animation sort la tête haute de cette édition 2004. Le grand prix Media 10/10 et le prix du meilleur film d'animation vont à L'Ecrivain de Frits Standaert. Cinergie avait déjà eu l'occasion d'apprécier le film à l'occasion de sa présentation au festival Anima, où il avait reçu le prix Canal +.
Quand au prix de la Presse, il va à une autre oeuvre d'animation, le très beau, très poétique, très maîtrisé Signes de vie d'Arnaud Demuynck. Remarqué à Cannes, mention spéciale du jury de la Communauté française au FIFF de Namur, entre autres, le film fait une exceptionnelle carrière en festivals.
On le comprend, tant le charme et la magie opèrent à la vision de ce remarquable travail artistique. Arnaud Demuynck ne s'était pas déplacé pour rien à Namur puisqu'il est également - avec sa société La Boîte...Productions - le producteur de l'Ecrivain.
Il est donc reparti avec trois prix sous le bras, qui ne sont que la juste reconnaissance du travail accompli en quelques années par cette maison de production indépendante qui, après quelques rercherches, a trouvé sa voie dans l'animation et est devenue, dans ce domaine, le producteur le plus dynamique de notre pays.
Le prix du court-métrage documentaire récompense Eautre, une présentation toute poétique et très personnelle du travail de la photographe Laurence Demaison que Cinergie avait également remarqué à l'occasion de la présentation des travaux de fin d'études de la promotion de l'IAD. Félicitations à son auteur Vania Leturcq pour la sensibilité et la délicatesse dont elle fait preuve dans son approche.
Surprise également pour le jeune Jean Frédéric Eerdekens, qui repart avec le prix du meilleur court-métrage de fiction mais également le prix Be.tv pour son très imaginatif Choix multiples. Le film, qui compte au nombre de nos coups de coeur, est chroniqué par ailleurs, mais on peut d'emblée se réjouir pour ce jeune diplômé de l'INSAS qui avait eu, de son propre aveu, pas mal de difficultés à imposer son projet à ses professeurs. Belle reconnaissance, donc, de la part des jurés du festival, mais aussi du public, puisque le film comptait au nombre de ses favoris.
Le prix du public, toutefois, est allé à un autre régional de l'étape: Xavier Diskeuve qui, après La Chanson Chanson, persiste, signe et s'impose avec Mon cousin Jacques.

 Le film semble être devenu un habitué des prix du public dans les festivals, sans doute en grande partie grâce au personnage que le réalisateur a su créer autour du jeu décalé et lunaire de François Maniquet. Commentaire de Xavier Diskeuve: « Le public est le seul jury qui ne se trompe jamais ». Le prix d'interprétation du festival, lui, est décerné à Aurélie Boquien, héroïne malheureuse d'un anniversaire loupé dans Oh là là de Céline Novel.
Par ailleurs, le prix des auteurs de la SCAM va à Olivier Magis pour son faux documentaire Le secret des dieux, un travail intéressant et pertinent qui démontre une fois de plus que la frontière entre le cinéma du réel et le cinéma de fiction est ténue, inversement proportionnelle au travail de manipulation que rendent aujourd'hui possible les media audiovisuels. Le prix de la SABAM pour la meilleure bande son est accordé à Fredo Merto pour son film Les Trois font la paire , celui de la meilleure première oeuvre à Binevsa Berivan pour La Mélodie du petit château (le film sera également présenté dans la section court métrage du festival du cinéma Méditerranéen, à Bruxelles),le prix de la meilleure image à Olivier Masset-Depasse pour Dans l'ombre, et le prix « La Deux-Tout court » à Rachel Lecomte pour Je ne peux pas t'aider. Signalons enfin que le festival organisait pour la première fois un concours de scénarios, doté d'un logiciel « Final Draft ».Cette application informatique d'aide à l'écriture est allée à Frédéric Castadot pour Si le Grognon m'était conté, une histoire dont on espère voir bientôt le résultat sous forme de film.
Nous vous invitons par ailleurs à découvrir, dans la programmation du festival, les coups de coeur de Cinergie en cliquant sur les liens ci dessous :

Velver Retina de Laurent Engin, Nicolas de Barquin, Brice Van Der Haegen et John Happe
Choix multiple de Jean-Frédéric Eerdekens
Home sweet home de Alain Denis
Mariette, 102 ans de Chantal Myttenaere
Pousse pas le bouchon, de Louise-Marie Colon.

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