Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/02/2003
 

Mfumu Matensi de Samuel Tilman et Nicolas de Borman

L'Oncle Missionnaire

Encore un film sur le Congo belge et ses missionnaires fous ! Non !
Un film qui rentre dans l'histoire par la grande porte et qui ressort par la petite comme savent le faire les grands.

Passons directement au vif du sujet : l'univers des Jésuites entouré de mystère et de hauts murs que les réalisateurs ont voulu franchir pour aller voir ce qu'on ne voit jamais : leur quotidien.

Le film, rempli de rebondissements et de détails savoureux sur ces hommes mystérieux, s'est fait grâce à la descendance directe entre Nicolas, un des réalisateurs et Victor Mertens, son oncle Jésuite au Congo.

Victor, le personnage central du film, est un témoin et un acteur privilégié puisqu'en 1957, il est promu supérieur Jésuite pour l'Afrique Centrale.

À la petite histoire s'ajoute la grande : c'est-à-dire la saga missionnaire au Congo. Pour cela, les réalisateurs ont dû sortir des placards une série de films missionnaires de propagande révélatrice d'une mentalité conquérante et lire à voix haute la correspondance de Victor, mettant en lumière la «grandeur et décadence » des missionnaires belges au Congo. Grand moment de l'histoire que celui de la consécration de Kimbondo, premier Evêque congolais ou celui des troubles au lendemain de l'Indépendance où les blancs fuient comme des lapins, sauf Victor qui refuse obstinément de quitter le pays.

Dans la dernière partie du film, très émouvante, Nicolas rencontre son oncle missionnaire à Kisantu, alors un vieil homme, qu'il met face à lui-même, face à l'émiettement de son oeuvre. Une fois de plus, malgré le quotidien difficile de la maladie et de la vieillesse, il refuse de rentrer au pays.

Que reste-il de la présence des Jésuites au Congo ? Quelques photos, des bâtiments délabrés ou convertis en écoles, de vieilles machines, une piscine désaffectée, des tombes recouvertes de mauvaises herbes et des vieux bonhommes aux cheveux blancs. Un des Jésuites restant nous dit en regardant cet univers de désolation : « Je ne vois qu'une solution pour le Congo : que chacun reste chez soi ».
Est-ce que tout cela n'était qu'illusion ?

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