Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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juin 2007
07/06/2007
Mots-clés : sortie en DVD,
 

Michel Ocelot : Azur & Asmar

Du noir au blanc, la palette de toutes les couleurs

Sur le DVD édité par Cinéart et distribué par Twin Pics, le conte d'Azur et Asmar est accompagné d’un karaoké bilingue; la chanson arabe traduite en français, la traditionnelle bande-annonce et autre extrait (teaser), et surtout d’un entretien du réalisateur Michel Ocelot, par Philippe Moins, le patron de Folioscope et LE spécialiste de l’animation.

Philippe Moins, connaissant bien le réalisateur et son travail, lui a permis de s’épancher longuement sur son parcours et ses aspirations d’animateur. 

Confidences publiques

« J’ai l’impression d’avoir monté d’un degré avec Azur et Asmar car j’ai tout fait chez moi. Même si l’animation française occupe la troisième place mondiale, elle ne se fait pas en France ! Grâce à Kirikou (merci Kirikou), j’ai pu faire quelque chose de relativement cher. Pendant trois ans, nous avons travaillé chez moi avec huit amis artistes pour la 2 D. Pour la 3D, cela s’est fait ailleurs, mais dans ma ville, sans prendre ni avion, ni train, ni traducteur, sans devoir faire et défaire ma valise, coucher à l’hôtel…
Je me suis permis de travailler dans les conditions qui me conviennent.
Pour Azur et Asmar, j’ai voulu une image non réaliste, puisque je raconte un conte de fée. Je me suis inspiré de l’imagerie publicitaire des années 30 que j’aime beaucoup ; où on ne retrouve pas de modelé dans les vêtements, uniquement un léger ombrage dans les visages et les décors en 2D.

 Les sources visuelles du film sont, d’une part,  la civilisation islamique du Moyen-Age entre le VIIIème et le XIème siècle de la Perse et de l’actuelle Turquie, et, d’autre part, les peintures des Primitifs Flamands du XVème siècle : les illustrations des « Riches Heures du Duc de Berry » et l’œuvre de Van Eyck.
Ce film est moins commercial que Kirikou car on ne peut s’identifier à un héros ou une héroïne. C’est l’histoire de sept personnages qui doivent être ensemble, sinon ils n’existent pas tout seuls ; ils sont sept, tous très différents. C’est une histoire d’amitié, pas une histoire d’amour.

Crapoux est le personnage principal, l’immigré à côté de ses pompes qui n’arrête pas de dire des bêtises. Je peux en parler, car je l’ai vécu dans ma peau ! J’ai pitié de lui, s’il dit des sottises, c’est parce qu’il est malheureux.
Quand je fais un film, j’essaie de faire du bien, d’apporter 100 minutes de beauté physique mais aussi de beauté morale. »

 Azur et Asmar, de Michel Ocelot, édité par Cinéart et distribué par Twin Pics.

 

 

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