Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
 

Mon copain, les arbres de Rebecca Fruitman et Frédéric Couvreur

Illustration Gwendoline Clossais

Tout d'abord des paroles qui expriment des découvertes sensorielles. Ici une odeur, là des couleurs : rouge, mauve, gris, blanc... Un jeune homme semble se cacher derrière un tronc de bouleau. Il nous fait face tout à coup en nous regardant, hilare. Il a les mains sur l'arbre comme s'il lui faisait une demi-étreinte. Ensuite, ils font corps. Les mains poursuivent leurs caresses, le jeune homme écoute le tronc, y pose sa tête comme il le ferait sur une épaule. Le lien est indescriptible et à la fois terriblement émouvant. La sensibilité particulière de Frédéric nous convainc qu'il existe quelque chose dans ce long bois à la stature solide et bien ancrée. Son voisin tout aussi imposant ne bénéficie cependant pas des mêmes faveurs sans pourtant laisser le jeune homme indifférent.

Lorsque Frédéric dessine sur un miroir ou une fenêtre, l'être humain prend les proportions d'un arbre avec un tronc gigantesque en comparaison avec ses bras ou ses pieds. Mais, alors que le miroir ou le carreau accueille ses traits spontanés et volontaires, on sent dans les propos de Frédéric une fragilité déconcertante où l'absence d'un père prend une telle importance qu'on ne peut s'empêcher de penser que ce qu'il attend de lui se trouve dans cet arbre sur lequel le jeune a jeté son dévolu.

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