Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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juillet-août 2007

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13/07/2007
 

Mr Nobody : Oliver Rausin, producteur exécutif

Le nouveau film de Jaco Van Dormael compte plusieurs producteurs. Un en France, plusieurs en Belgique, deux en Allemagne et un au Canada. La production déléguée la plus importante est française. Mais la production exécutive est belge, c’est Olivier Rausin et sa maison de production, Climax Films (aussi coproductrice du film) qui l’assure. Sur le tournage, dans l’immense bâtiment où il a installé ses bureaux et toute l’équipe du film, Olivier Rausin nous accueille, nous  fait faire le tour du propriétaire, nous balade d’un décor à l’autre. Et il ne rechigne pas à mettre les mains dans le cambouis : quand il ne nous aide pas à installer la caméra, il en trimballe le pied ou fait quelques essais lumières avec nous dans la pièce qu’il a spécialement aménagée pour les interviews. Pragmatique et efficace, il se prête au jeu des questions avec franchise et efficacité.

Cinergie : Comment es-tu arrivé sur le troisième film de Jaco Van Dormael ?

Olivier Rausin : Oh ! C’est très simple, Jaco m’a appelé en me demandant si je voulais faire la direction de production du film. Je lui ai dit que, depuis quelques années maintenant, j’étais moi-même producteur et que je n’en faisais plus. Mais j’ai quand même voulu lire le scénario, en me disant que je pouvais peut-être lui conseiller quelqu’un. Et quand j’ai lu le scénario, je me suis dit que je ne pouvais pas ne pas faire ce film. Je trouvais ce scénario génial, il y a cette confiance entre Jaco et moi... Je me suis donc dit que j’allais reprendre du service. Maintenant, pour des raisons de production, j’assure aussi la production exécutive du film à travers ma société. Voilà ce qui m’a amené là : un coup de fil.

C. : Cela va prendre beaucoup de temps pour toi, puisque c’est un tournage très long ?

O. R. : Oui, six mois. Et pour moi, depuis la préparation jusqu’à la fin du tournage, il faut compter quatorze mois. Ensuite, il y a la post-production, mais mon suivi sera beaucoup plus léger. Quatorze mois, c’est assez long. C’est un peu compliqué par rapport à Climax parce que le film me monopolise beaucoup. Donc, je travaille beaucoup, je me fais aider, j’ai une bonne équipe au bureau. On fait avec cette difficulté. J’en ai parlé à tous les auteurs avec lesquels je travaille et tout le monde m’a dit « Ok, on sait que pendant un an cela sera difficile de te voir et de te joindre », mais tous ont compris qu’il fallait que je le fasse. Je n’ai pas voulu mettre mes autres projets en stand-by, c’est pour cela que c’est compliqué. Je tourne, juste après le film de Jaco, le long métrage de Philippe Blasband qui est en financement, Coquelicots.

C. : Comment va se dérouler le tournage de Mr Nobody ?

O. R. : On commence par la Belgique. On va faire des blocs de journées en intérieur et en extérieur de 60 jours environ. Dans le studio où vous êtes pour les intérieurs et en Wallonie, en Flandre et à Bruxelles pour les extérieurs. C’est la première partie qui dure jusqu’à fin août. Ensuite, il y a un break pour l’équipe plateau de deux semaines pendant lesquelles on prépare le départ au Canada. Pour le moment, il y a 20 à 25 jours de tournage prévus là-bas. Et puis, de la même manière, on va faire une pause de deux semaines pendant lesquelles on va préparer le tournage en Allemagne et là, nous avons sept à huit semaines pour finir le film, aux alentours du 27 décembre. Il y a ensuite un gros travail de post-production qui aura sans doute commencé en amont. On va prendre le temps nécessaire pour le montage, la musique, les effets spéciaux. Cela devrait durer un an, en partie en Belgique pour ce qui concerne le montage image, le montage son et le mixage. Les effets spéciaux seront faits au Canada par Louis Morin, notre réalisateur deuxième équipe qui est un spécialiste et qui est déjà avec nous.

C. : L’équipe est nombreuse ?

O. R. : L équipe plateau compte entre 70 et 85 personnes, et si on prend toute l’équipe, les constructeurs, les peintres, ceux qui sont en amont et en aval, plus les secondes équipes, nous sommes entre 130 et 135 personnes.

C. : Et à la caméra ?

O. R. : Christophe Beaucarne est le chef opérateur du film. Il fait également le cadre. Eric Bialas est cadreur de la deuxième caméra, le steady camer du film, et devient le chef opérateur de la seconde équipe du film quand elle part du plateau pour tourner ailleurs. C’est une équipe très légère, très mobile, de cinq six personnes, qui peut partir très vite parce que la météo est bonne et qu’il nous faut un plan raccord. C’est le but de cette seconde équipe. Pour le son, Dominique Warnier s’en occupe avec son perchman. Je crois que c’est le seul parmi nous qui a tout fait avec Jaco : ses longs métrages, ses courts, ses clips ou d’autres produits audiovisuels. 

C. : Cette production est très imposante pour la Belgique. Est-ce une expérience pour vous ?

O. R. : Oui, c’est important. Je crois que c’est le budget belge le plus important pour le moment. J’espère qu’il y en aura d’autres (sourires). Et oui, c’est une expérience, parce que je ne faisais plus ça. Mais non, ça n’en est pas une, parce que je ne l’envisage pas comme ça. Et si le budget est important, la gestion n’est pas particulièrement différente de celle d’un autre film. Et puis, je gère mon travail en fonction des réalisateurs. C’est le travail avec Jaco qui est différent. Je travaille avec des personnes, il faut s’adapter à ce que chacun est. Jaco a sa personnalité, Frédéric Fonteyne, Harry Cleven ont les leurs. Voilà, il faut composer avec ce qu’ils sont pour répondre à leurs besoins, à chaque fois différents et spécifiques.  C’est surtout l’envie de participer à l’aventure avec Jaco qui m’a décidé. Lui, il avait besoin de s’entourer de personnes de confiance avec lesquels il avait envie de travailler, et je crois que c’était important de lui donner ce soutien-là pour qu’il puisse réaliser le film qu’on attend tous (sourires), le troisième film de Jaco Van Dormael. On a énormément d’espoirs, le scénario est extraordinaire, j’aime beaucoup ses films, et particulièrement Toto le héros. Et Mr Nobody est un Toto puissance dix pour moi. Ce que je vois maintenant me confirme que l’on va y arriver. C’est un métier que je fais par passion et si je suis là, c’est parce que j’ai eu devant moi un scénario extraordinaire et que j’ai voulu aider. Je fais les choses parce que je les trouve intéressantes. Et c’est un film important, c’est un film à faire. Tout le monde travaille dans la précision et avec plaisir parce qu’on sait tous qu’on est en train de faire un très beau film. Tout le monde connaît le scénario, les films de Jaco et nous avons tous fait notre film dans notre tête. Et puis on voit les rushs. Jaco nous a fait le cadeau d’un mini montage de quelques minutes : on a tous eu la confirmation qu’on faisait bien le même film. Il y a aussi  une passion des gens de l’équipe pour leur travail qui n’a rien à voir avec quoi que ce soit sinon le métier de chacun.

Jean-Michel Vlaeminckx et Anne Feuillère
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