Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
Webzine
Février 2016

Parasol de Valéry Rosier - En salles le 17/02

Les Premiers les derniers, de Bouli Lanners - en salles le 24/02

Le Chant des Hommes - En Salles le 03/02

Campo Hablado - Trilogie colombienne - En salles et en DVD

L'Odyssée de Isabelle Wuilmart - En salles

Les Chevaliers Blancs - En salles le 27/01

Sorties DVD

et également

Mots-clés : court métrage,
 

Nkosi Coiffure de Frederike Migom

Mes Cheveux, ma pensée

Pour son troisième courtmétrage après Malakim (2013) et Adam & Everything (2014), Frederike Migom aborde avec subtilité, force et humour les questions des rapports hommes/femmes, les tensions entre tradition et modernité et les incompréhensions qui peuvent naître dans les relations interculturelles.

 

 

Nkosi Coiffure de Frederike MigomUn travelling arrière suit une femme dans la rue. On découvre très vite un homme à ses côtés. En deux, trois plans, la réalisatrice parvient à montrer toute la violence qui peut surgir au sein d'un couple. Agressée par son copain qui veut la forcer à monter en voiture, Eva se réfugie dans un salon de coiffure pour des femmes africaines. Pour cette femme en questionnement, la porte vitrée du salon constituera plusieurs passages : d'abord évidemment, le passage d'une situation de violence à un lieu sûr. Mais aussi, celui d'un univers à l'autre, d'une culture à l'autre. Enfin, il s'agit d'une découverte d'un autre point de vue sur le monde. Mais ce salon n'est pas un lieu clos qui se refermerait sur ces femmes. Au contraire, directement, la patronne, Mama africaine typique s'en va donner la leçon à l'homme resté dehors (la rue, l'espace public dominé par les hommes). La conversation, magnifique idée, restera visible mais en complet hors-champs sonore alors qu'à l'intérieur s'engage un échange, d'abord drôle, puis très tendu, entre les africaines et Eva. Grâce à une écriture très intelligente, chaque personnage possède une vraie personnalité. La cinéaste déjoue les écueils d'une certaine « exotisation ». Si la solidarité entre femmes prime, il n'est pas question d'éviter les questions qui fâchent et le salon devient terrain de discussion, de débat et finalement, possibilité de changement. Car à travers les cheveux (dont les extensions sont très importantes pour les africaines), c'est toute une pensée qui jaillit et qui se met en marche. Le plan final, superbement féministe, achève la réussite du film. 

commentaires propulsé par Disqus