Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
01/03/2005
Mots-clés : critique de cinéma,
 

Nous n’étions pas amis de Marie-Anne Thunissen

Poussières, le premier film de Marie-Anne Thunissen aurait pu s’intituler carnages. On assistait, après la mort d’animaux de fermes à leur équarrissage et à leur transformation en farine animale. Dur. Femmes-machines son second film nous faisait revivre la guerre des 3.000 femmes de l’usine d’armes d’Herstal réclamant l’égalité de salaire entre homme et femmes en explorant l’impact et, surtout, la trace qu’il a conservé dans la mémoire de celles qui furent les actrices d’un mouvement qui s’est mis en marche il y a 45 ans.  Nous n’étions pas des amis, son dernier film, explore la mémoire d’une enfance passée au Congo, avant l’indépendance et se pose la question de ce qui séparait les enfants blancs des enfants noirs. Dans le complexe sucrier où elle vivait, et qui avait sa propre école, on lui explique qu’il existait une hiérarchie entre les blancs et les « évolués » (fils de contremaîtres) et les enfants d’ouvriers non-scolarisés.
La compagnie sucrière a survécu au régime de Mobutu. Si les structures hiérarchiques ont changées les salaires restent toujours aussi bas. On vit au rythme du pays, confie une congolaise, préoccupée par les difficultés quotidiennes. La réalisatrice conclut : « Nous n’avons pas partagé nos jeux nous ne partageons pas nos privilèges…La peur, la légende, la ségrégation la culpabilité ont creusé un fossé entre nous. J’ai essayé de lever le voile ». Un film doux-amer sur un passé, une enfance, que l’on a subi plutôt que voulu. Une manière intéressante, de montrer (et de démonter) les rouages des structures coloniales par le vécu de chacun.

commentaires propulsé par Disqus