Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
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Avril 2001
01/04/2001
 

Panique à la cuisine de Patar et Aubier

Que du bonheur

scène du filmDepuis les pétaradant Pic Pic André shows, il est notoire que les toujours percutants Vincent Patar et Stéphane Aubier en connaissent un bout question de n'en faire qu'à leur tête. Grands chambouleurs toute catégorie du prêt-à-rire sur mesure, on ne dormait plus d'imaginer que leur folie puisse un jour se tarir. Eh bien, soyons rassurés!

Avec leur petit dernier, Panique à la cuisine, ils vont à nouveau jusqu'au bout de cette dinguerie qui les possède. Abandonnant le dessin pour l'animation de petits personnages avec lesquels on jouait naguère, ils réussissent un coup de maître, jonglant avec les trouvailles qui tuent et l'humour qui décape et vous fait exploser. Fous rires pour rire avec les fous, la recette semble simple.
Vous prenez d'abord un chef indien pas très sage, un cow-boy pas mal retors, un ours un rien entarteur, un cheval légèrement philosophe, une ferme complètement " twilight zone ", un gâteau sérieusement convoité et surtout une sacré bonne dose de délire. Ensuite vous mélangez le tout dans le grand shaker à burlesque en l'agitant loufoquement pour faire jaillir poursuites endiablées et gags hilarants (à faire pâlir Tex Avery de jalousie), enfin vous saupoudrez l'ensemble de dialogues pataphysiques à l'accent inénarrable et vous obtenez quatre minutes de bonheur à vous transformer un ciel tricolore et démocratique en un feu d'artifice aussi chouette qu'un soleil de printemps.
Mais la véritable trouvaille de cette Panique est de renouer avec notre mémoire turbulente et sans foi ni loi des bacs à sable. Car se pourrait-il qu'à l'instar de cette fameuse madeleine à la tasse de thé, si célèbre pour son effet d'à rebrousse temps, nos figurines de plastique jouissent de cette étrange qualité de nous faire voyager le temps vers ce passé tant vanté de notre enfance ?
À suivre Panique à la cuisine, la chose est certaine. Mais ici, foin de nostalgique guimauve. Pour nos deux " sales gosses " de l'animation, l'enfance est d'abord le territoire ludique du tout est permis du moment que l'on s'amuse. Et leur dernier opus réveille en nous ce désir pas sage de jouer jusqu'à plus soif et nous transforme en garnements survoltés qui ne connaissent des règles de bonne conduite que celles qu'ils se donnent pour leur plus grand plaisir. Et ça, c'est vraiment chouette.

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