Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
12/01/2007
 

Pas sérieux s’abstenir (Man zoekt vrouw)

Après Miss Montigny et sa vendeuse de fromages aux rêves esthétiques (Sophie Quinton), Miel Van Hoogenbemt s’adonne avec humour, concentration et malice au tournage de son nouveau projet, Man zoekt vrouw (traduction française : Pas sérieux s’abstenir). Depuis novembre, il réalise en effet son deuxième long métrage. Petite info : il s’agit du premier film flamand de Miel, jusqu’ici soutenu par des fonds francophones. Comme on est fantastique, on vous apprend également que des francophones et des flamands se sont mêlés à l’aventure du casting comme à celle du montage financier du film.

Le pitch ? Un homme proche de la retraite, Léopold Vossius (Jan Decleir), décide de débusquer une chouette femme. Parce qu’à deux, c’est mieux, le gaillard entre en contact avec Internet et ses « nautes ». Mais le virtuel, ce n’est pas tout. Ce n’est pas Alina, la nièce de sa femme de ménage (Maria Popistasu, actrice roumaine remarquée dans la fiction choc de la BBC, "Sex traffic") qui le contredira…  

photo tournage man zoekt vrouwVendredi 15 décembre. Départ : Bruxelles. Destination : Gand. Moyen de transport : train. Objet du voyage : « enquêter » sur le tournage du dernier Miel Van Hoogenbemt. Humeur : pas sérieuse. Ça tombe bien ! (« On s’arrête où ? A Gand-Saint-Pierre ou à Gand-Dampoort ? », « Qui veut traduire le synopsis flamand ? », « On fait des bêtes photos ? »).
Devant un bâtiment de la rue Violette, des camions et des réflecteurs de lumière sont aisément repérables. L’œil dit bonjour à la table chargée de gourmandises entreposée à l’entrée. La parole suit (on est des professionnels, non ?) : « Bonjour, on est les "Cinergiques". Ah, ils sont occupés ? » En attendant la fin de la prise, une interview s’improvise avec Jean-Claude Van Rijckeghem, producteur du film (A Private View) dans un hangar annexe à la maison dans laquelle sont tournées la plupart des scènes.
La rencontre avec l’équipe aura lieu un peu plus tard de façon informelle : à la cantine. Au menu de ce vendredi : poisson ou poulet – pommes de terre ou épinards. « Avez-vous mangé ? », nous demande-t-on. Ça, c’est sympa : on est presque tenté de faire voler dans tous les sens les arrêtes et les os des chers animaux précités. Mais vous, par contre, faites-vous plaisir. Ça n’a pas raté : Manuela Servais, comédienne pétillante et bruxelloise campant Anne-Marie, lance : « Moi, je suis très dessert ! ». Il n’en fallait pas plus : par ici, mademoiselle, si vous voulez bien vous prêter à nos questions et surtout faire semblant de les comprendre !
Fin de la pause déjeuner et retour sur le plateau. Avant la mise en boîte de la première scène de l’après-midi, Miel s’installe confortablement dans un fauteuil tout en s’excusant de laisser la porte ouverte afin de demeurer attentif à l’avancement des préparatifs. Une fois l’interview achevée, il file. Les répétitions (« repetitie ! ») débutent. Le réalisateur donne des instructions à Jan Decleir et à Maria Popistasu. La séquence va être tournée en une fois : près de leurs marques, dans une cage d’escalier, ils doivent gravir quelques marches avant de s’engouffrer dans une pièce hors de notre vue. Lui, concentré, porte un pardessus et une écharpe. Elle, affable, a des Converse à fleurs, un bérêt et des bonnes bouclettes. « Stil, alstublieft » (« Silence, s’il vous plaît ») : sans un mot, il monte et elle le suit en traînant péniblement une lourde valise derrière elle. « Stop, dank u wel » (« Stop, merci »). On recommence encore. « Stil, alstublieft ». Après 2-3 récidives, la comédienne roumaine (qui tient le rôle de la nièce de la femme de ménage de Léopold) est un peu essoufflée : « It’s a bit hard : I’m not a turkey ! » (« C’est fatiguant : je ne suis pas une dinde ! »). Rires du chef op’, empathique.
La suite ? L’homme trouvera-t-il la femme ? Le « non-sérieux » s’abstiendra-t-il donc ? Vous savez quoi ? Cela ne figure pas dans l’annonce. L’équipe poursuit son travail pour quelques heures encore, à coup sûr. Certains déroulent des fils ou démontent des câbles tandis que d’autres s’activent dans les escaliers et dans les pièces attenantes. L’équipe reprend son travail, nous, on pique un chocolat (on est des professionnels...). Cut. Crounch!
Pour en savoir plus sur le film :
- Entrevue filmée de Miel Van Hoogenbemt + entretien complet
- Entrevue filmée de Manuela Servais + entretien complet
- Entretien de Jean-Claude Van Rijckeghem

 

 

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