Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
Webzine
décembre 2006
05/12/2006
Mots-clés : festival,
 

Personal Spectator de Emmanuel Jespers

Dans un self-service quasi désert, un jeune homme se présente à une jeune femme plutôt fade et lui propose une thérapie à l’essai : la regarder gratuitement pendant cinq minutes pour lui permettre de se sentir exister. La jeune fille intimidée croit à une blague.

Personal spectator« Vous sentez-vous transparent, invisible, perdu, à l’arrière-plan de votre propre vie ? Comme si vous étiez un figurant dans un péplum ou un bison dans un film de Kevin Costner ?… Vous avez besoin que l’on vous regarde ! Vous avez besoin d’un SPECTATEUR PERSONNEL ! » Lauréat du Prix BeTV ainsi que du Prix décerné (à l’unanimité) par le jury de la presse, Personal Spectator, par ailleurs seul film de la sélection tourné en anglais, fut assurément l’un des temps forts du festival et un véritable coup de cœur à l’applaudimètre, succès public aussi bien que critique. Emmanuel Jespers (Le Dernier Rêve) adapte ici une nouvelle intitulée Les Sept Jours de Simon Labrosse (jouée au théâtre entre autres par Pierre Arditi) et nous livre, avec un sens de la technique et de l'économie digne des plus grands, une comédie douce-amère particulièrement réjouissante, se révélant en fin de compte un véritable « feel-good movie » (comme disent les japonais). De l’originalité des cadrages (une véritable prouesse technique lorsque l’on sait que 10 des 14 minutes du films se déroulent autour d’une table de cantine !) à l’interprétation toute en finesse de deux jeunes acteurs anglais pleins d’avenir (la beauté discrète d’Emily Hamilton rencontre le charisme juvénile de Tom Harper) en passant par la beauté de la lumière (dirigée à l’aide de panneaux réflecteurs et de miroirs, sans aucun ajout de lumière artificielle) et la drôlerie du dialogue,
Personal spectatorPersonal Spectator arrive en 14 petites minutes seulement à en dire bien plus sur les relations humaines, la solitude et la détresse affective que certains longs métrages poussifs (et souvent français) sur le même sujet. Pas larmoyant pour un sou et n’ayant jamais peur d’afficher bien haut son statut de « vraie comédie » avec un réel point de vue de mise en scène, Personal Spectator est un film dont on sort avec un peu plus d’espoir. Il nous rappelle en outre qu’un film à 100 % belge tourné en langue anglaise est une belle ouverture sur l’extérieur plutôt qu’un repli sur soi et que la culture francophone est très loin de se résumer à une langue. Dans son infinie richesse, elle va au contraire bien au-delà. Et ça, Emmanuel Jespers l'a bien compris. Un exemple à suivre!

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