Films illustrés par Gwendoline Clossais FacebookTwitter
06/02/2009
 

Philippe Lamensch, Jean l'inversé

Affolés d'avoir perdu leur chat dans un Marseille qu'ils ne connaissaient pas, Philippe Lamensch et sa femme partent vaillamment à sa recherche. Dans les dédales des rues surchauffées par un soleil de plomb, ils tombent nez à nez avec une maison dans laquelle, ils en sont sûrs, ils ont vécu dans une autre vie ! L'histoire ne nous dit pas s'ils ont retrouvé leur chat, mais elle nous dit qu'ils ont changé de vie depuis. Cela se passait, il y a dix ans. Philippe Lamensch et sa femme adoptent la maison, la ville et tout le reste. Philippe abandonne le journalisme qu'il a exercé pendant plus de 20 ans pour se lancer dans la création artistique. Après quelques tâtonnements dans la peinture, la sculpture et la photo (car il est doué dans tous ces domaines), c'est l'écriture de scénarios qui s'impose à lui comme une évidence. « Dans ma nouvelle vie, j'ai écrit des histoires pour qu'elles soient mises en images. » Ses demandes d'aides à l'écriture sont acceptées. Il écrit, coup sur coup, deux longs métrages et se met à rêver de pouvoir les matérialiser lui-même. Sa productrice, Catherine Burniaux de Stromboli Pictures, le pousse à se faire la main sur un format plus court. Encore incertain d'être à la hauteur, il travaille sur une idée qu'il pourrait, le cas échéant, réaliser seul, un projet dans lequel des images d'archives et un lecteur suffiraient. Emporté par une spirale de succès, il reçoit l'aide de la Commission du film de la Communauté française et peut envisager de s'entourer d'une équipe et de comédiens.
Le résultat s'appelle
Légende de Jean l'inversé, une tragédie comique dans laquelle un enfant naît les pieds à l'envers et où les parents, aidés par la science, vont tout mettre en œuvre pour les remettre à l'endroit. Mais,... chassez le naturel, il revient au galop !

Issu d'une famille de journalistes, Philippe Lamensch avait naturellement embrassé cette voie, malgré sa passion pour le cinéma.

« Si j'ai évité de me retrouver derrière la caméra pendant 25 ans, c'est parce que j'avais une peur bleue de diriger des comédiens et toute une équipe. Elle s'est totalement dissipée dans la préparation du film. Je suis arrivé sur le plateau comme dans un rêve. J'avais très bien préparé le film; très longuement, ce qui m'a permis d'avoir tout en main, de tout dominer. J'ai surtout été entouré par une équipe extraordinaire, avec une distribution de rêve (Fabrizio Rongione, Christelle Cornil, Cédric Eeckhout, Eric Godon) et une équipe fabuleuse (ZvonocK, mon génial chef op’, Luc Noël, mon chef déco, Dominique Lefever, ma monteuse). »

Légende de Jean l'inversé a été couronné du Prix du Meilleur Court Métrage du Festival du film francophone de Namur 2008, il sera présent à Clermont-Ferrand, sera diffusé sur La Deux le 22 février et programmé à Moustier le 5 mars, au Festival du film belge.

Propulsé par un dynamisme débridé, Philippe « l'inversé » a déjà déposé un deuxième projet de court à la Commission avant d'entamer le tournage de la Leçon de natation, long métrage pour lequel il avait reçu l'aide de la Commission et l'aide Beaumarchais.
Une belle histoire de victoire de la passion sur le réalisme stratégique !

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